Résumé hebdomadaire des marchés

Publié Juin 14, 2024
 statistics of stocks and market table

La Fed laisse entrevoir une baisse de taux en 2024, mais le but ultime reste le même

Principaux points à retenir :

  • La réunion de juin du Comité de l’open market (FOMC) et les données sur l’inflation aux États-Unis ont été au centre des préoccupations la semaine dernière, et les deux ont favorisé le marché haussier.
  • Les données sur l’inflation ont été plus faibles que prévu, l’inflation globale selon l’IPC aux États-Unis pour mai s’établissant à 3,3 % sur 12 mois, ce qui est inférieur aux prévisions et au niveau de 3,4 % du mois dernier. Après une série de rapports plus solides que prévu sur l’inflation aux États-Unis au cours des trois premiers mois de l’année, les données de la semaine dernière ont été bien accueillies par les marchés. Au Canada, l’inflation selon l’IPC a déjà chuté à 2,7 % le mois dernier, soit son plus bas niveau de l’année.
  • Comme prévu, la Réserve fédérale américaine (Fed) a maintenu les taux inchangés à sa réunion de juin, à 5,25 %-5,5 %. Les prévisions révisées de la Fed laissent entrevoir une réduction de taux en 2024, comparativement aux trois réductions de taux prévues à sa réunion de mars. Toutefois, la Fed a indiqué que le taux des fonds fédéraux devrait encore atteindre 3,1 % d’ici 2026, soit le même niveau que ses prévisions de mars. Dans l’ensemble, même si le rythme des réductions de taux a changé, le but ultime de la Fed n’a pas changé : les taux d’intérêt devraient diminuer au cours des deux ou trois prochaines années.
  • La Banque du Canada (BdC) avait toutefois décidé, lors de sa réunion de juin, de réduire ses taux de 0,25 %, les faisant passer de 5,0 % à 4,75 %. Cela s’explique non seulement par le fait que le taux d’inflation au Canada a ralenti davantage que celui aux États-Unis, mais aussi par le ralentissement de la croissance économique. La croissance du PIB canadien ne devrait s’établir qu’à 1,0 % par année, contre le niveau prévu de 2,4 % aux États-Unis. Nous nous attendons à ce que la BdC amorce un cycle de réduction graduelle des taux aux côtés de la Fed, et à ce qu’elle décrète une ou deux autres réductions de taux en 2024.

La baisse surprise de l’inflation aux États-Unis a été bien accueillie

Les données sur l’inflation selon l’indice des prix à la consommation (IPC) et l’indice des prix à la production (IPP) aux États-Unis pour mai ont été plus faibles que prévu. L’inflation mesurée par l’IPC a été soutenue par la stagnation des prix des aliments et la baisse des prix de l’énergie le mois dernier, ainsi que par la baisse des prix des voitures neuves et des tarifs aériens.1 L’inflation globale selon l’IPC s’est établie à 3,3 % sur 12 mois, ce qui est inférieur aux attentes et au niveau de 3,4 % du mois dernier. L’inflation de base, excluant les aliments et l’énergie, s’est établie à 3,4 % en mai, soit moins que les prévisions de 3,5 % et du niveau de 3,6 % du mois dernier.1 Après plusieurs rapports plus solides que prévu sur l’inflation au cours des trois premiers mois de l’année, les données de mai sur l’IPC ont été bien accueillies et semblent confirmer que l’inflation ne s’accélère pas de nouveau. Toutefois, nous croyons que la Fed souhaite voir au moins deux ou trois rapports plus encourageants sur l’inflation avant de signaler une baisse éventuelle des taux. 

Au Canada, l’inflation globale et de base mesurées par l’IPC continuent de ralentir à un rythme soutenu. Le mois dernier, l’inflation globale mesurée par l’IPC est passée de 2,9 % sur 12 mois à 2,7 %, tandis que l’inflation de base mesurée par l’IPC a fléchi à 2,9 %.1 Cette décélération a été alimentée par la baisse des prix des aliments, des services et des biens durables. Nous nous attendons à ce que la récente baisse des prix du pétrole et de l’énergie se reflète également dans les données de mai.

Qu’est-ce qui pourrait faire baisser l’inflation? 

Comme Jerome Powell l’a souligné lors de la conférence de presse de la semaine dernière, certains facteurs pourraient faire baisser l’inflation aux États-Unis et au Canada : 1) le repli des composantes du logement et des loyers du panier de l’IPC, surtout compte tenu du fait que les données en temps réel ont déjà fléchi; et 2) la diminution de l’inflation des services à mesure que le marché de l’emploi et la croissance des salaires ralentissent. À notre avis, même si l’inflation pourrait ne pas diminuer de façon linéaire, la désinflation devrait se poursuivre au cours des prochains mois, ce qui rassurera la Fed et la BdC quant à la mise en œuvre de réductions de taux.

 Ce graphique montre les plus importants replis en cours d’année de l’indice S&P 500 depuis 1984. Le plus important repli en 2024 a été de 5,5 %, ce qui est faible d’un point de vue historique. Le rendement passé n’est pas garant du rendement futur.
Source: Bloomberg.

Les prévisions de la Fed laissent toujours entrevoir un niveau de 3,1 % comme « but ultime » d’ici 2026

Les marchés attendaient avec impatience la mise à jour du « graphique à points » de la Fed à la réunion de juin, qui est essentiellement un aperçu de l’opinion des membres votants du FOMC quant à l’évolution du taux des fonds fédéraux au cours des trois prochaines années. Le graphique à points de mars indiquait trois réductions de taux en 2024, tandis que la version mise à jour de la semaine dernière ne prévoyait qu’une seule réduction de taux cette année. À première vue, l’élimination de deux réductions de taux cette année a peut-être semblé pessimiste; toutefois, si nous nous tournons vers 2025 et 2026, le graphique à points laisse toujours entrevoir un taux final de 3,1 %. À notre avis, cela signifie que, bien que la Fed puisse être incertaine du rythme des réductions de taux, l’objectif final demeure le même : elle prévoit abaisser graduellement les taux d’intérêt pour les ramener à un niveau plus neutre au cours des 12 à 36 prochains mois. De même, au Canada, nous croyons que la BdC a amorcé un cycle de réduction des taux qui devrait se poursuivre au cours des prochaines années, surtout compte tenu du ralentissement plus marqué de l’inflation dans l’économie. 

D’un point de vue économique, cela signifie que les coûts d’emprunt des ménages et des entreprises s’amélioreront au cours des mois et des années à venir, et que les taux d’épargne pourraient diminuer graduellement. Pour les marchés, la baisse des taux d’intérêt favorise habituellement une amélioration des valorisations et a tendance à coïncider avec une remontée des secteurs cycliques. Alors que les réductions de taux de la Fed approchent à grands pas, nous pourrions observer un élargissement plus durable des meneurs du marché au-delà des sociétés technologiques américaines à mégacapitalisation.

 Le graphique montre le nombre de jours où l’indice S&P 500 a clôturé en hausse ou en baisse de 2 % ou plus depuis 2018.
Source: Résumé des projections économiques du FOMC, juin 2024.

La Fed prévoit un « atterrissage en douceur » de l’économie

Enfin, les projections économiques mises à jour de la Fed donnent une idée claire : l’économie américaine se dirige probablement vers un atterrissage en douceur. En fait, la Fed prévoit que la croissance du PIB des États-Unis demeurera égale ou supérieure à 2,0 % jusqu’en 2026, et que le taux de chômage restera stable entre 4,0 % et 4,2 % au cours des trois prochaines années. Malgré des mois de taux d’intérêt restrictifs, la Fed ne voit pas de détérioration importante de l’économie ni de faiblesse démesurée du marché de l’emploi. De plus, elle croit toujours que l’inflation chutera à 2,0 % d’ici 2026, même si la croissance économique demeure stable. 

Selon nous, cet atterrissage en douceur demeure un scénario de base pour l’économie américaine. Aux États-Unis, la productivité a récemment affiché une tendance à la hausse (fort probablement en raison des pénuries de main-d’œuvre), qui pourrait se poursuivre, alors que des gains d’efficience découlant de l’intelligence artificielle (IA) se concrétisent dans tous les secteurs. Bien que la consommation et le marché de l’emploi puissent fléchir, ce ralentissement pourrait indiquer une normalisation par rapport au niveau de croissance économique élevé plutôt qu’une détérioration importante. Si l’inflation ralentit et que la Fed amorce un cycle de réduction des taux, cela pourrait aussi stimuler l’économie dans les années à venir.

Les risques associés à cette perspective d’atterrissage en douceur sont, bien entendu, que l’inflation ne ralentisse pas comme prévu – et peut-être même qu’elle s’accélère –, ou que l’économie ou le marché de l’emploi se détériore plus que prévu. À notre avis, ni l’un ni l’autre de ces scénarios ne sont actuellement soutenus par les données ou les indicateurs avancés de l’économie. Nous continuons d’observer de saines habitudes de consommation, la vigueur relative du marché de l’emploi et, plus récemment, des données plus faibles que prévu sur l’inflation. 

La Fed prévoit un « atterrissage en douceur » de l’économie américaine :

 Ce graphique montre le rendement des liquidités, des obligations de catégorie investissement à court terme, des obligations de catégorie investissement, et des actions canadiennes et américaines à grande capitalisation d’octobre 2022 à mai 2024, d’octobre
Source: Résumé des projections économiques du FOMC, juin 2024.

Occasions à venir sur les marchés

Dans l’ensemble, nous croyons que la Fed a présenté une approche prudente à l’égard de ses perspectives économiques et en matière de politique monétaire pour 2024. Si l’inflation continue de fléchir, ou si le marché de l’emploi et la croissance des salaires ralentissent plus que prévu, la porte est probablement ouverte pour une deuxième baisse de taux en 2024 et des réductions continues en 2025 et 2026. Compte tenu de l’atténuation de l’inflation et de la détérioration des données économiques au Canada, la BdC devrait décréter une ou deux autres réductions de taux cette année. Enfin, les marchés peuvent être rassurés par le fait que la Fed prévoit que l’inflation de base selon les DPC s’établira à 2,8 % en 2024; c’est à ce niveau qu’elle se situe à l’heure actuelle et elle semble sur le point de diminuer vu l’amélioration des données sur l’IPC et l’IPP publiées la semaine dernière. 

De façon plus générale, comme le taux final des fonds fédéraux devrait se situer dans la fourchette de 3,0 % à 3,5 % (la Fed prévoit un taux de 3,1 % pour 2026), les taux d’intérêt et les taux des obligations d’État aux États-Unis et au Canada pourraient demeurer élevés par rapport aux données récentes. N’oubliez pas que même si le taux des obligations du Trésor américain à 10 ans se situait dans une fourchette de 1,5 % à 2,5 au cours des 10 années qui ont suivi 2008, il pourrait évoluer dans une fourchette plus modeste de 3 % à 4 % au cours des prochaines années. Dans ce contexte, les obligations continuent d’offrir un rendement intéressant aux investisseurs, et les actions demeurent bien positionnées. Du côté des actions, nous privilégions les actions américaines à petite, moyenne et grande capitalisation, et du côté des obligations américaines et canadiennes de catégorie investissement, nous recommandons de prolonger légèrement la durée; ces titres pourraient tous bien se comporter à mesure que l’économie se normalisera et que les taux baisseront graduellement aux États-Unis.

Mona Mahajan
Stratège en placement

Sources : 1. FactSet.

Statistiques hebdomadaires du marché

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Statistiques hebdomadaires du marché

Indice

Clôture

Semaine

Cumul annuel

TSX

21,639-1.7 %3.2 %

S&P 500

5,4321.6 %13.9 %

MSCI EAEO *

2,335-1.4 %4.4 %

Obligations canadiennes de catégorie investissement

1.0 %0.3 %

Rendement du gouvernement du canada sur 10 ans

3.28 %-0.2 %0.2 %

Huile ($ par baril)

78.08 $3.4 %9.0 %

CAD-USD échange de devises

0.73 $-0.1 %-4.2 %

Source : Factset, au 14 juin 2024. Les obligations sont représentées par l’indice Bloomberg Canada Aggregate Bond. Le rendement passé n’est pas garant du rendement futur. *Rendement sur quatre jours se terminant jeudi.

La semaine à venir

Les données économiques importantes publiées cette semaine comprennent les mises en chantier et les ventes au détail au Canada.

Mona Mahajan

Mona Mahajan est responsable de l’élaboration et de la communication des perspectives macroéconomiques et des marchés financiers de la société. Son expérience comprend l’analyse des actions et des titres à revenu fixe, la stratégie de placement mondiale et la gestion de portefeuille.

Elle écrit ou apparaît régulièrement à CNBC, Bloomberg TV, dans le Wall Street Journal et Barron’s.

Mona Mahajan détient une maîtrise en administration des affaires de la Harvard Business School, un baccalauréat en finance de la Wharton School de l’Université de Pennsylvanie ainsi qu’un baccalauréat en informatique de l’École d’ingénierie de la même université.

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Renseignements importants

Sources : *FactSet et Edward Jones **Rapport national sur l’emploi d’ADP, en date du 30 août 2023