Résumé hebdomadaire des marchés

Publié le janvier 9, 2026
 Gros plan de deux personnes assises et examinant des graphiques et des documents financiers.

Nouvelle année, nouvelles données économiques et changements de politique : Trois choses à surveiller

Principaux points à retenir:

  • La première semaine de 2026 a été mouvementée. Nous surveillons les changements géopolitiques au Venezuela, les données sur le marché de l’emploi en décembre et la décision de la Cour suprême des États-Unis sur les droits de douane.
  • Dans l’ensemble, même si ces événements peuvent faire les manchettes, selon nous, les résultats pourraient avoir une incidence limitée sur l’économie ou les marchés. Nous croyons que la Fed demeure sur la bonne voie pour réduire les taux une à deux fois en 2026, tandis que la Banque du Canada devrait maintenir le statu quo.
  • Votre conseiller en investissement peut vous aider à composer avec les changements économiques, géopolitiques et politiques, et à faire en sorte que votre portefeuille demeure sur la bonne voie pour atteindre vos objectifs financiers personnels.

La première semaine de 2026 a été mouvementée, tant du point de vue des données économiques que du point de vue politique et géopolitique. Au cours de cette courte période, nous avons été témoins de l’intervention militaire des États Unis au Venezuela, nous avons digéré de nouvelles données sur le marché américain et canadien de l’emploi et nous attendons une décision de la Cour suprême des États-Unis sur la politique tarifaire.

Quelles sont les conséquences de ces mesures et que doivent savoir les investisseurs? Voici les trois grands points à retenir :

  1. L’intervention au Venezuela pourrait avoir des répercussions à long terme sur les prix du pétrole

    Au cours de la fin de semaine du 3 janvier, l’armée américaine a exécuté une mission visant à capturer le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores. Ils ont été envoyés à New York par avion et accusés de complot de narcoterrorisme et d’autres crimes. Plus important peut-être, l’administration américaine a indiqué que les États-Unis dirigeraient le Venezuela jusqu’à ce qu’une transition sûre et judicieuse du pouvoir ait lieu. De plus, les États-Unis prévoient rebâtir les infrastructures pétrolières au Venezuela, avec le soutien des grandes sociétés énergétiques américaines.

     

    Quelles sont les conséquences de ces mesures? Du point de vue macroéconomique, nous savons que le Venezuela est un acteur relativement petit. Son économie représente moins de 1 % du PIB mondial et moins de 1 % du commerce mondial*. Ce pays possède environ 17 % des réserves mondiales de pétrole, mais en raison de l’état délabré de ses infrastructures, il ne fournit qu’environ 1 % de la production mondiale*. Ainsi, si les tensions demeurent contenues, le risque systémique devrait rester limité pour l’ensemble de l’économie mondiale à court terme.

     

    Toutefois, les répercussions plus importantes à surveiller sont sans doute le précédent que cette mesure pourrait créer à l’échelle mondiale, d’autant plus que les États-Unis prévoient conserver le pouvoir au Venezuela jusqu’à ce qu’une transition de gouvernement ait lieu. Nous n’en sommes qu’au début, mais il pourrait s’agir d’un risque extrême à plus long terme à surveiller, d’autant plus que des économies comme la Chine et la Russie envisagent leurs propres prochaines étapes.

     

    De plus, il pourrait y avoir des répercussions sur les prix du pétrole si les États-Unis et les sociétés énergétiques parviennent à rebâtir les infrastructures pétrolières du Venezuela. La revitalisation du secteur pétrolier vénézuélien prendra probablement du temps et nécessitera des investissements – les estimations tablent sur 10 ans et dépassent les 100 G$* – mais la grande question qui pourrait se poser est l’accueil que les sociétés énergétiques réserveront à cette offre supplémentaire de pétrole.

     

    N’oublions pas que les prix du pétrole sont actuellement proches de leurs creux pluriannuels*, et que les marchés pétroliers mondiaux continuent de faire face à des problèmes d’offre excédentaire*. La transition vers des tendances telles que l’adoption des véhicules électriques en Chine peut également entraîner une baisse de la demande de pétrole et d’énergie traditionnels.

     

    Au fil du temps, si l’offre supplémentaire de pétrole au Venezuela crée plus de pressions à la baisse sur les prix, les compagnies pétrolières pourraient se retrouver à exploiter le pétrole à des taux inférieurs au seuil de rentabilité, ce qui n’est favorable ni aux actionnaires ni à la rentabilité. À court terme, les prix du pétrole pourraient augmenter légèrement en raison d’une éventuelle perturbation de l’offre au Venezuela, mais à long terme, on pourrait assister à une augmentation de l’offre de pétrole et à une minimisation des prix, en supposant que les sociétés énergétiques restent dans la course.

 Ce graphique montre que l’augmentation de l’offre mondiale de pétrole a exercé des pressions à la baisse sur les prix de l’énergie. Les rendements passés ne sont pas garants des rendements futurs.
Source: Bloomberg.
  1. Les données sur le marché de l’emploi sont contrastées au Canada et aux États-Unis.

    La première semaine de la nouvelle année a également été marquée par la publication de nouvelles données sur le marché de l’emploi, notamment le premier rapport sur l’emploi non agricole aux États-Unis depuis la fermeture du gouvernement américain.

     

    Dans l’ensemble, le marché américain de l’emploi semble présenter la même image morose que celle observée pendant une grande partie de l’année dernière. Le nombre d’emplois créés en décembre s’est établi à 50 000, un chiffre inférieur aux estimations de 70 000*. À noter que les chiffres de l’emploi des deux mois précédents ont été révisés à la baisse de 76 000, ce qui porte la moyenne sur trois mois à -22 333 emplois créés par mois*.

     

    De façon plus générale, la moyenne mensuelle des emplois créés en 2025 n’était que de 49 000, ce qui est nettement inférieur à la moyenne de 168 000 emplois en 2024*.

 Ce graphique montre que le nombre d’emplois créés chaque mois aux États-Unis a baissé tout au long de l’année 2025.
Source: Bloomberg.

Alors que nous observons un ralentissement évident de la croissance de l’emploi aux États-Unis, l’aspect positif est peut-être que le taux de chômage demeure stable, s’établissant à 4,4 % en décembre, comparativement aux prévisions de 4,5 %*. Cette situation s’explique par la croissance marginale de la population active américaine, qui a contribué à contenir les taux de chômage*.

De même, au Canada, la croissance de l’emploi indiquée dans le rapport de décembre a été plus faible que celle du mois précédent, s’établissant à 8 200, même si elle a dépassé les prévisions de -2 500 emplois*. Le taux de chômage est passé de 6,5 % à 6,8 %, en raison principalement d’une hausse du nombre de personnes à la recherche d’un emploi, plutôt que d’une hausse des mises à pied*. Dans l’ensemble, selon nous, le marché de l’emploi se stabilise au Canada, mais les données mensuelles pourraient être cahoteuses.

 Ce graphique montre le taux de chômage aux États-Unis et au Canada depuis décembre 2023.
Source: Bloomberg.

Quelles sont les conséquences pour la politique des banques centrales? Bien que les rapports sur l’emploi de décembre aient été mitigés, nous pensons que la conclusion générale pour la Fed et la Banque du Canada sera de maintenir le cap, pour l’instant.

Les perspectives de la Fed sont semblables à celles de l’an dernier : Le marché américain de l’emploi ralentit et la prudence est de mise. À notre avis, la Fed demeure en voie de procéder à une ou deux autres réductions en 2026.

Nous croyons toutefois que la Banque du Canada (BdC) maintiendra son taux directeur à 2,25 % à court terme. La stabilité de la croissance économique et du marché de l’emploi au Canada conjuguée à une inflation conforme aux prévisions devrait inciter la BdC à maintenir le statu quo lors de sa décision de janvier sur les taux.

  1. La décision de la Cour suprême sur les droits de douane pourrait être imminente

    Bien que les investisseurs n’aient pas obtenu de décision de la Cour suprême des États-Unis sur les droits de douane la semaine dernière, une décision pourrait être imminente dans les semaines à venir. Au cœur de la décision se trouve la question de savoir si le président et l’administration américaine ont le pouvoir d’imposer des droits de douane aussi importants qu’ils l’ont fait en vertu de l’IEEPA (International Emergency Economic Powers Act).

     

    Quelles sont les conséquences si les droits de douane sont jugés illégaux par la Cour? Dans l’ensemble, si la Cour suprême annule les droits de douane en vertu de l’IEEPA, nous pensons que les répercussions sur les marchés et les investisseurs seront limitées pour plusieurs raisons.

     

    Premièrement, l’administration américaine dispose d’autres moyens de mettre en œuvre les droits de douane, notamment des lois comme l’article 232 (sécurité nationale) et l’article 301 (pratiques commerciales déloyales)*. Cependant, ces moyens sont plus complexes et leur mise en œuvre pourrait prendre du temps. Pour le Canada, la révision de l’ACEUM à la mi-juillet sera une série de négociations clés concernant le régime tarifaire canadien. 

     

    Deuxièmement, bien qu’il y ait des rumeurs selon lesquelles les États-Unis pourraient devoir rembourser les sociétés concernées par l’annulation des droits de douane – plus de 150 milliards de dollars –, il n’existe pas de mécanisme clair pour effectuer ces remboursements*. Encore une fois, ce processus pourrait prendre du temps et s’enliser devant les tribunaux, et l’administration pourrait trouver des moyens de remettre en œuvre les droits de douane dans l’intervalle.

     

    Troisièmement, si des remboursements sont versés aux sociétés concernées, la somme d’environ 150 G$ demeure relativement négligeable par rapport à la dette fédérale américaine de 38 000 G$ et au PIB américain d’environ 30 000 G$ en 2025. Si l’injection d’argent dans le système peut créer des tensions inflationnistes, elle pourrait également stimuler l’activité économique et contribuer à soutenir la croissance soutenue du PIB et des bénéfices.

 Ce graphique montre que les recettes douanières des États-Unis ont accéléré en 2025, mais qu’ils demeurent faibles par rapport au PIB.
Source: Bloomberg.

Dans l’ensemble, même si les premiers jours de 2026 ont été mouvementés – tant du point de vue géopolitique et politique que des données économiques–, la bonne nouvelle selon nous est que les marchés demeurent concentrés sur les principaux facteurs. La croissance des bénéfices aux États-Unis et au Canada devrait augmenter en 2026 pour s’établir à environ 14,7 % aux États-Unis et à 15,5 % sur 12 mois au Canada, grâce à un large éventail de secteurs*.

La croissance économique devrait demeurer positive, la croissance du PIB des États-Unis au premier trimestre devant atteindre 2,5 % en rythme annualisé et celle du PIB canadien environ 1,4 %, selon Bloomberg. Par conséquent, l’indice S&P 500 a progressé d’environ 1,9 % en 2026 jusqu’à présent, tandis que le l’indice canadien TSX a progressé d’environ 2,8 % ($ CA)*.

Selon nous, compte tenu de l’étape actuelle du cycle, les arguments en faveur de la diversification sur les marchés boursiers sont convaincants en 2026. Nous privilégions les actions américaines à grande capitalisation, qui sont exposées au thème de l’IA, ainsi que les actions américaines à moyenne capitalisation, qui sont davantage pondérées dans les secteurs cycliques et qui offrent des possibilités de rattrapage. Nous recommandons également de rechercher des placements mondiaux, par exemple les actions des marchés émergents, qui peuvent bien se comporter lorsque les banques centrales abaissent les taux et offrent une exposition à un thème technologique mondial.

Votre conseiller en investissement peut vous aider à composer avec les changements économiques, géopolitiques et politiques, et à faire en sorte que votre portefeuille demeure sur la bonne voie pour atteindre vos objectifs financiers personnels.

Mona Mahajan
Stratège en placement principale

Sources : * Bloomberg

Chiffres de clôture ci-dessous

Chiffres de clôture ci-dessous
IndiceClôtureSemaineCumul annuel
TSX32,613   2.3% 2.8%
S&P 5006,966   1.6% 1.8%
MSCI EAEO*2,935   0.9% 1.5%
Oblig. canadiennes de cat. investissement    0.0% 0.2%
Taux des oblig. du gouv. du Canada à 10 ans3.39%   -0.1% 0.0%
Pétrole ($/baril)58.82 $   2.6% 2.4%
Taux de change $ CA/$ US0.72 $   -1.3% -1.4%

Source: FactSet, 9 janvier 2026. Les obligations sont représentées par l’indice Bloomberg Canada Aggregate Bond. Les rendements passés ne sont pas garants des rendements futurs. * Rendement sur quatre jours se terminant jeudi.

La semaine à venir

Les données économiques importantes pour la semaine à venir comprennent les expéditions manufacturières et les mises en chantier au Canada, ainsi que l’inflation selon l’IPC et l’IPP, le salaire horaire et les ventes au détail aux États-Unis.

Mona Mahajan

Mona Mahajan est responsable de l’élaboration et de la communication des perspectives macroéconomiques et des marchés financiers de la société. Son expérience comprend l’analyse des actions et des titres à revenu fixe, la stratégie de placement mondiale et la gestion de portefeuille.

Elle écrit ou apparaît régulièrement à CNBC, Bloomberg TV, dans le Wall Street Journal et Barron’s.

Mona Mahajan détient une maîtrise en administration des affaires de la Harvard Business School, un baccalauréat en finance de la Wharton School de l’Université de Pennsylvanie ainsi qu’un baccalauréat en informatique de l’École d’ingénierie de la même université.

Lire la bio complète

Renseignements importants :

Le résumé hebdomadaire des marchés est publié chaque vendredi, après la fermeture des marchés. 

Ces renseignements sont donnés uniquement à titre informatif et ne doivent pas être interprétés comme un conseil en placement spécifique. Les investisseurs sont invités à prendre des décisions de placement fondées sur leurs objectifs de placement et leur situation financière spécifiques. Même si, à notre connaissance, les renseignements contenus aux présentes sont exacts, ils ne sont pas garantis et peuvent être modifiés sans préavis.

Les investisseurs devraient comprendre les risques liés aux placements, notamment le risque de taux d’intérêt, le risque de crédit et le risque de marché. La valeur des placements fluctue et les investisseurs peuvent perdre une partie ou la totalité de leur capital.

Le rendement passé n’est pas garant du rendement futur.

Les indices boursiers ne sont pas gérés et il est impossible d’y investir directement. Ils ne visent pas à rendre compte du rendement d’un placement réel.

La diversification n’offre aucune garantie de profit ni aucune protection contre les pertes.
L’investissement systématique n’offre aucune garantie de profit ni aucune protection contre les pertes. Les investisseurs doivent tenir compte de leur volonté de continuer à investir lorsque les cours boursiers sont à la baisse.

Les dividendes peuvent être majorés, réduits ou éliminés à tout moment et sans préavis.
Certains risques sont spécifiques aux placements internationaux, notamment ceux qui ont trait aux fluctuations de change ainsi qu’aux événements politiques et économiques étrangers.