Résumé hebdomadaire des marchés

Publié le janvier 23, 2026
 Gros plan de deux personnes assises et examinant des graphiques et des documents financiers.

La géopolitique distrait le marché, les fondamentaux le guident : des arguments en faveur de la diversification

Principaux points à retenir:

  • Les évènements géopolitiques ont encore fait les manchettes la semaine dernière, Donald Trump ayant menacé d’augmenter les tarifs douaniers imposés à un grand nombre de ses partenaires commerciaux européens.
  • Cet embrasement a heureusement été de courte durée, et les marchés ont rapidement reporté leur attention sur les données économiques et les rapports sur les bénéfices, qui sont essentiels.
  • À ce sujet, les réunions des banques centrales qui se tiendront cette semaine seront au centre de l’attention; la Fed et la Banque du Canada devraient toutes deux laisser les taux inchangés.
  • Par ailleurs, une série de rapports sur les bénéfices devrait indiquer la rentabilité des sociétés d’IA, tout en précisant dans quelle mesure nous pouvons nous attendre à une hausse des bénéfices pour un plus grand nombre de sociétés.
  • La perspective d’une amélioration de la croissance, d’une baisse des taux d’intérêt et d’une forte rentabilité des sociétés devrait contribuer à l’élargissement du groupe de meneurs du marché cette année, constituant ainsi un argument en faveur de la diversification des portefeuilles.

La crise autour du Groenland s’est avérée de courte durée 

Les pressions de Donald Trump pour faire l’acquisition du Groenland se sont intensifiées la semaine dernière. Le président des États-Unis a menacé d’augmenter les tarifs douaniers de 10 % pour huit de ses partenaires commerciaux européens le 1er février si aucune entente d’achat de l’île n’est conclue d’ici là, et a indiqué que cette sanction augmenterait à 25 % d’ici juin*. 

Cette nouvelle a durement touché les marchés, car les investisseurs se sont demandé quelles allaient être les répercussions à court terme de cette menace sur la croissance et l’inflation, et ses conséquences géopolitiques à long terme au niveau de l’OTAN et de la sécurité mondiale*. 

L’indice S&P 500 a enregistré sa plus importante baisse en une seule journée depuis l’annonce des tarifs douaniers en avril dernier lors du « jour de la libération », les actifs qui profitent habituellement d’une aversion pour le risque, à savoir les obligations d’État américaines et le dollar américain, ayant également fait l’objet de ventes massives*. Cet épisode a signé le retour éphémère de la tendance de vente des actifs américains, que nous avions parfois observée en 2025*. 

L’émergence rapide d’un accord pour prendre en compte les intérêts des États-Unis en matière de sécurité au Groenland, même si cette entente semble ne pas avoir d’incidence sur la souveraineté du territoire, a contribué au rebond des marchés boursiers*. Ce revirement souligne l’importance de ne pas surréagir aux manchettes géopolitiques qui déferlent en ce moment, même si, selon nous, ces conflits de courte durée ont envoyé des signaux importants. 

 Ce graphique montre une forte baisse de l’indice S&P 500 après que Donald Trump a menacé d’augmenter les tarifs douaniers, cette baisse s’étant en partie inversée après la conclusion d’un accord pour éviter ces hausses.
Source: Bloomberg. Les rendements passés ne sont pas garants des rendements futurs. Un indice n’est pas géré et il est impossible d’y investir directement. Il ne vise pas à rendre compte du rendement d’un placement réel.

Le dollar américain a été le grand perdant, car les investisseurs ont continué de vendre même après l’annonce d’un accord de principe sur le Groenland*. Le billet vert a terminé la semaine en baisse de 1,2 % par rapport à un panier de devises pondéré en fonction des échanges, enregistrant ainsi sa pire semaine depuis juin dernier*.

Selon nous, ces fluctuations soulignent la sensibilité de cette devise à la volatilité des politiques. Même si la spéculation boursière sur la vente d’actifs américains à tout prix nous semble exagérée, les investisseurs internationaux semblent diversifier les portefeuilles*. Depuis le début de l’année, les flux de capitaux vers l’Europe et le Japon surpassent largement ceux vers les actions américaines, qui représentent moins de 2 % des flux de fonds totaux vers les actions des marchés développés cette année*.

 Ce graphique montre que, jusqu’ici, les États-Unis ont représenté moins de 2 % des flux vers les marchés développés internationaux en 2026.
Source: Bloomberg.

Même si les actions américaines à grande capitalisation nous semblent toujours intéressantes, nous recommandons aux investisseurs d’élargir leur vision et d’établir également des positions en actions des marchés développés internationaux à petite et moyenne capitalisation et des positions en actions des marchés émergents, afin de diversifier les portefeuilles et de tirer parti de l’élargissement potentiel de la croissance des bénéfices à l’échelle internationale.

Par ailleurs, l’or est l’actif qui a le plus profité des manchettes de cette semaine. Une flambée des prix de l’or a porté à 15 % la progression de ce métal précieux depuis le début de l’année, ce qui vient s’ajouter à la hausse de 65 % enregistrée l’an dernier*. Nous pensons que de petites pondérations en or peuvent apporter une diversification utile aux portefeuilles, ce qui explique l’intérêt que les investisseurs lui ont porté pendant la période de hausse de l’incertitude politique et géopolitique de la dernière année. Toutefois, nous sommes conscients de la hausse importante des prix observée sur une courte période*, qui nous incite à envisager des perspectives plus prudentes à court terme. Les actions canadiennes peuvent offrir un autre moyen de s’exposer à la hausse des prix de l’or par l’entremise des mineurs d’or dans le secteur des matières.

Enfin, le conflit entre les États-Unis et ses alliés de l’OTAN pourrait avoir des conséquences géostratégiques à plus long terme. Dans un discours qui a fait sensation à Davos, Mark Carney a articulé une nouvelle stratégie, appelant les « puissances moyennes », à savoir le Canada et des pays d’Europe, d’Amérique latine et d’Asie, à établir et renforcer leurs liens économiques, militaires et diplomatiques*. M. Carney a soutenu que cet effort était nécessaire pour répondre à la rupture de l’ordre mondial qui s’est opérée ces dernières décennies, affirmant que les « grandes puissances » se sont éloignées d’un système fondé sur des règles*.

Ce discours fait écho à certains aspects du programme stratégique de M. Carney, qui est déjà en cours, notamment la hausse des investissements dans la défense et les efforts visant à élargir les relations commerciales du Canada, qui sont majoritairement axées sur les États-Unis*. Le premier ministre s’est récemment rendu en Chine dans l’optique d’améliorer les relations diplomatiques avec ce pays et de lever les restrictions commerciales réciproques. Il s’est escrimé à renforcer les liens avec le Mexique et se rendra en Inde au printemps*.

À notre avis, une réorientation à long terme des relations commerciales canadiennes permettrait probablement de réduire sa dépendance aux États-Unis et ouvrirait des occasions dans des segments de l’économie mondiale en croissance plus rapide. Toutefois, cette stratégie demandera probablement du temps, car plus des trois quarts des exportations sont actuellement à destination des États-Unis, les chaînes d’approvisionnement nord-américaines étant profondément intégrées, ce qui souligne l’importance majeure de la renégociation de l’ACEUM cette année*.

Les données fondamentales sont de retour à l’avant-plan

La semaine dernière, il n’a pas fallu longtemps pour que les manchettes sur le Groenland laissent place au thème bien connu des données fondamentales de l’économie et des sociétés.

Au Canada, les ventes au détail ont rebondi, mais, malgré la volatilité mensuelle des dépenses, les dépenses de consommation demeurent modérées*. Toutefois, les nouvelles étaient meilleures sur le plan de l’inflation. Certes, l’IPC global a augmenté pour s’établir à 2,4 % sur 12 mois*, mais cette hausse nous semble anecdotique. Le signal le plus fort, selon nous, est le ralentissement de l’inflation de base, et en particulier la baisse de l’IPC moyen tronqué et de l’IPC médian de la Banque du Canada, qui donne à penser que les pressions sous-jacentes sur les prix ont été mieux maîtrisées*.

 Ce graphique montre l’IPC de base moyen tronqué et l’IPC de base médian, les mesures de l’inflation privilégiées de la Banque du Canada. Toutes deux indiquent un ralentissement marqué des pressions sur les prix vers la fin de l’année dernière.
Source: Haver Analytics.

Nous pensons que ces baisses constituent de bonnes nouvelles pour la Banque du Canada, qui se réunira la semaine prochaine. La banque centrale a soutenu qu’à ses niveaux actuels, les taux d’intérêt apportent un soutien modéré à l’économie canadienne, et Tiff Macklem, le gouverneur de la Banque du Canada, devrait estimer que les signes de modération des pressions sur les prix justifient le maintien des taux*. Nous pensons que la Banque du Canada maintiendra les taux d’intérêt à 2,25 % tout au long de l’année.

Aux États-Unis, une série de données macroéconomiques publiées cette semaine ont fait état d’un contexte économique solide, les nouvelles demandes de prestations d’assurance-chômage restant faibles, la confiance des consommateurs ayant atteint un sommet inégalé depuis cinq mois et les données sur les dépenses de consommation laissant entrevoir une nouvelle progression impressionnante d’ici la fin de 2025*.

Ces données contribueront probablement à rassurer la Fed, qui devrait se réunir cette semaine, quant à la solidité future de l’économie, malgré la décélération du marché de l’emploi au cours de la dernière année. La banque centrale avait déjà laissé entendre qu’elle avait l’intention de rester sur la touche en janvier, après trois réductions de taux consécutives au deuxième semestre de 2025; une baisse cette semaine serait donc une énorme surprise, à notre sens*.

Comme la politique monétaire devrait rester inchangée*, les investisseurs seront probablement attentifs aux indices permettant de deviner la trajectoire des taux d’intérêt à partir de maintenant. Nous pensons que la banque centrale n’en dira pas trop à ce stade et qu’elle préférera attendre de nouvelles données sur le marché de l’emploi et sur l’inflation avant d’annoncer les prochaines étapes. Selon nous, le président de la Fed, M. Powell, devrait souligner cette dépendance aux données lors de sa conférence de presse, mais il sera crucial de déchiffrer les indices subtils pour entrevoir l’avis du FOMC sur la croissance et l’inflation.

Nous estimons toujours que les taux d’intérêt devraient continuer de baisser. En décembre, la plupart des membres du FOMC étaient enclins à réduire davantage les taux en 2026, d’après leurs prévisions, d’autant que le niveau actuel des taux est encore considéré comme légèrement restrictif pour l’économie américaine**. Selon nous, les signes d’un ralentissement progressif de l’inflation à mesure que les pressions tarifaires s’atténuent et la faiblesse persistante du marché de l’emploi devraient inciter la banque centrale à assouplir sa politique en 2026. Nous pensons qu’une ou deux baisses de 25 points de base (0,25 %) est le scénario le plus probable.

Par ailleurs, la période de publication des résultats a déjà commencé, et environ 80 % des sociétés de l’indice S&P 500 qui ont déjà publié leurs résultats ont surpassé les prévisions de bénéfices jusqu’à présent, un résultat semblable à celui de la dernière période de publication des résultats*. Toutefois, les publications seront plus intenses cette semaine, car d’importantes sociétés technologiques américaines à mégacapitalisation, à savoir Meta, Apple, Tesla et Microsoft, devraient publier leurs résultats*.

Nous nous attendons à ce que ces résultats indiquent si les investissements massifs dans l’IA ont contribué à la croissance des revenus et aux bénéfices. Cette année, certains de ces titres ont semblé perdre la faveur des investisseurs, les actions des « sept magnifiques » ayant globalement fait du surplace jusqu’à présent, contrairement aux actions internationales et d’autres sociétés à grande capitalisation, qui se sont mieux comportées, et aux sociétés à petite capitalisation, qui les devancent largement*. Néanmoins, le secteur des technologies devrait enregistrer la plus forte croissance des bénéfices dans l’ensemble de l’indice S&P 500 cette année, même si l’écart avec d’autres secteurs semble se resserrer*.

 Ce graphique montre les rendements variés sur l’ensemble des marchés boursiers jusqu’à aujourd’hui en 2026, l’indice Russell 2000 ayant nettement surpassé les actions à grande capitalisation, en particulier les actions technologiques à mégacapitalisation.
Source: Bloomberg. Les sept magnifiques sont représentées par Apple, Amazon, Alphabet, Meta, Microsoft, NVIDIA et Tesla. Les rendements passés ne sont pas garants des rendements futurs. Un indice n’est pas géré et il est impossible d’y investir directement. Il ne vise pas à rendre compte du rendement d’un placement réel.

En plus d’évaluer la dynamique de l’IA, il sera important, selon nous, de chercher la confirmation que l’amélioration du contexte économique et la baisse des taux d’intérêt se traduisent par une hausse de la rentabilité dans des segments plus larges du marché. D’après nous, le rendement supérieur des petites sociétés et des secteurs procycliques cette année donne à penser que les investisseurs sont de plus en plus confiants à l’égard de leur potentiel de bénéfices*.

Conclusion – Restez concentré et tablez sur la diversification

À notre avis, la semaine dernière a de nouveau démontré l’importance de garder les données fondamentales en ligne de mire, malgré l’avalanche de manchettes géopolitiques.

Nous demeurons optimistes à l’égard des perspectives des actions et entrevoyons la possibilité d’un élargissement du groupe de meneurs du marché cette année, probablement soutenu par l’amélioration de la croissance, la baisse des taux d’intérêt et la forte rentabilité des sociétés.

Nous estimons qu’un portefeuille diversifié est mieux placé pour tirer parti de ces forces contraires et nous préférons maintenir une exposition aux actions américaines à grande capitalisation et au thème de l’IA, en la complétant par des actions américaines et internationales à moyenne capitalisation et des placements canadiens, pour profiter de l’élargissement potentiel de la croissance des bénéfices au pays et à l’étranger.

James McCann
Stratégie de placement

Chiffres de clôture ci-dessous

Chiffres de clôture ci-dessous
IndiceClôtureSemaineCumul annuel
TSX33,145   0.3% 4.5%
S&P 5006,916   -0.4% 1.0%
MSCI EAEO*2,987   -0.2% 3.3%
Oblig. canadiennes de cat. investissement    0.0% 0.5%
Taux des oblig. du gouv. du Canada à 10 ans3.42%   0.0% 0.0%
Pétrole ($/baril)61.28 $   3.3% 6.7%
Taux de change $ CA/$ US0.73 $   1.5% 0.0%

* Bloomberg 
***Réserve fédérale 
Source: FactSet, au 23 janvier 2026. Les obligations sont représentées par l’indice Bloomberg Canada Aggregate Bond. Les rendements passés ne sont pas garants des rendements futurs. * Rendement sur quatre jours se terminant jeudi.

La semaine à venir

Les données économiques importantes pour la semaine à venir comprennent une réunion de la BdC et une décision sur les taux d’intérêt mercredi, et le PIB national de novembre vendredi. 

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James McCann

Économiste principal

Leader éclairé dans :

  • L’incidence des questions économiques sur la vie quotidienne des Américains.
  • Les effets des dépenses gouvernementales, des impôts et des changements de réglementation sur nos clients.
  • Bâtir des portefeuilles diversifiés pour aider les investisseurs à atteindre leurs objectifs financiers à long terme.

« Le paysage économique et politique ainsi que celui des politiques change radicalement, ce qui rend encore plus difficile pour nos clients de gérer leurs finances personnelles. Dans ce contexte, ce sont nos renseignements approfondis fondés sur la recherche qui peuvent aider les clients à rester sur la bonne voie pour atteindre leurs objectifs financiers. »

James McCann
Économiste principal

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Renseignements importants :

Le résumé hebdomadaire des marchés est publié chaque vendredi, après la fermeture des marchés. 

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Les investisseurs devraient comprendre les risques liés aux placements, notamment le risque de taux d’intérêt, le risque de crédit et le risque de marché. La valeur des placements fluctue et les investisseurs peuvent perdre une partie ou la totalité de leur capital.

Le rendement passé n’est pas garant du rendement futur.

Les indices boursiers ne sont pas gérés et il est impossible d’y investir directement. Ils ne visent pas à rendre compte du rendement d’un placement réel.

La diversification n’offre aucune garantie de profit ni aucune protection contre les pertes.
L’investissement systématique n’offre aucune garantie de profit ni aucune protection contre les pertes. Les investisseurs doivent tenir compte de leur volonté de continuer à investir lorsque les cours boursiers sont à la baisse.

Les dividendes peuvent être majorés, réduits ou éliminés à tout moment et sans préavis.
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