Résumé hebdomadaire des marchés

Quatre résolutions du Nouvel An pour les investisseurs
Principaux points à retenir:
- Comme d’habitude à cette période de l’année, nous proposons aux investisseurs des résolutions qui, nous l’espérons, leur seront très utiles en 2026.
- Premièrement, nous recommandons de faire le point sur la santé des économies canadienne et américaine au début de 2026 afin de vérifier les attentes optimistes des marchés.
- Deuxièmement, les investisseurs devraient envisager de déployer leurs liquidités excédentaires au fil du temps, en fonction de leur tolérance au risque, de leurs objectifs et de leur horizon de placement. Comme les taux d’intérêt ont considérablement diminué par rapport à leur sommet et qu’ils n’offrent que peu ou pas de rémunération par rapport à l’inflation, les actions et les obligations pourraient offrir de meilleurs rendements.
- Ensuite, nous pensons que les investisseurs devraient cibler un portefeuille bien diversifié composé d’actions internationales de sociétés de toutes capitalisations, ainsi que de placements canadiens, afin de répartir le risque et de tirer parti de l’élargissement des bénéfices.
- Enfin, l’année 2025 a enseigné aux investisseurs qu’ils ne doivent pas laisser la politique influer sur leurs portefeuilles, car les marchés ont enregistré de très bons rendements malgré une avalanche de manchettes sur les politiques. Ce mantra ne devra pas être oublié en cette année d’élections de mi-mandat aux États-Unis et de renégociation de l’ACEUM.
- Bien sûr, chacun prendra ses propres résolutions, et votre conseiller en investissement peut adapter ces recommandations pour que vous restiez sur la bonne voie afin d’atteindre vos objectifs à long terme.
L’année 2025 a été marquée par plusieurs records et c’est le moment de prendre de bonnes résolutions pour l’année à venir. Nous proposons aux investisseurs quatre résolutions qui devraient les aider à se préparer pour 2026.
1. Faire un point santé
Inutile de se rendre chez le médecin pour ce bilan. L’idée est de prendre la température de la croissance économique en ce début d’année.
Faire le point sur la santé des marchés sera particulièrement important pour les États-Unis, car le brouillard qui a voilé les données à la fin de 2025 commence à se dissiper. Le Bureau of Labor Statistics (BLS) n’a pas pu publier un rapport complet sur l’emploi en octobre, et a reconnu que la qualité des données publiées pour ce mois-là et pour le mois de novembre était inférieure à la normale*. Cet aveu cadre avec les signaux ambigus qu’ont envoyé les données : l’embauche dans le secteur privé a semblé s’être améliorée au cours de l’automne alors que le taux de chômage a augmenté**.
Dans ce contexte, nous sommes d’avis que les marchés porteront encore plus attention que d’habitude au rapport sur l’emploi de décembre, publié vendredi, car il s’agit de la première observation ininterrompue du marché de l’emploi depuis septembre. Nous espérons que les données permettront d’y voir plus clair.
De même, les données de l’indice des prix à la consommation (IPC) aux États-Unis de décembre, qui seront publiées à la mi-janvier, donneront une meilleure idée de l’inflation. Le BLS n’a pas été en mesure de publier les données d’octobre, car elles n’avaient pas pu être recueillies. Ces problèmes ont également eu une incidence sur le rapport de novembre, le ralentissement étonnamment important de l’inflation étant en partie attribuable à des données manquantes**.
Bien sûr, le Canada n’a pas connu les mêmes problèmes de collecte de données, mais les récentes statistiques ont réservé quelques surprises. L’emploi a notamment été beaucoup plus vigoureux que prévu, en partie en raison du rebond de l’emploi à temps partiel à la suite d’une baisse au cours de l’été. Compte tenu de ces fluctuations, il est plus difficile d’analyser la tendance sous-jacente du marché de l’emploi, et il sera intéressant de voir si le rapport sur l’emploi publié ce vendredi indique que l’amélioration des embauches observée récemment se poursuit.

Ce graphique montre que l’emploi au Canada a suivi une trajectoire cahoteuse au cours des derniers mois, cette volatilité étant en partie imputable à d’importantes fluctuations de l’emploi à temps partiel.

Ce graphique montre que l’emploi au Canada a suivi une trajectoire cahoteuse au cours des derniers mois, cette volatilité étant en partie imputable à d’importantes fluctuations de l’emploi à temps partiel.
Ces données permettront par ailleurs de se faire dès maintenant une idée des attentes du marché pour 2026. Selon les prévisions consensuelles, les taux d’activité élevés devraient soutenir l’élargissement de la croissance des bénéfices des sociétés. Les données qui corroborent ces attentes devraient être bien accueillies, mais des obstacles pourraient déclencher une réévaluation précoce des prix du marché.
2. Faire fructifier vos liquidités
Les taux d’intérêt aux États-Unis ont été abaissés de 175 points de base (1,75 %) par rapport à leur sommet de 2024**, et nous pensons qu’ils seront encore réduits cette année.
Ce n’est pas une prévision simple, car l’inflation est toujours élevée. Au début de 2026, cela fera exactement cinq ans que la croissance des prix n’aura pas atteint la cible de 2 % de la Fed ou été inférieure à celle-ci**, et « plusieurs » membres du Federal Open Market Committee (FOMC) ne sont pas favorables à une nouvelle baisse tant qu’ils n’auront pas observé des améliorations plus significatives, selon le compte rendu de la réunion de décembre de la Fed***.
Toutefois, d’autres membres du comité de fixation des taux de la Fed sont plus optimistes quant aux perspectives d’inflation. La majorité du FOMC s’attend à ce que l’inflation du logement ralentisse davantage, tandis que quelques membres ont souligné que les entreprises sont réticentes à augmenter les prix actuellement en raison d’une demande plus faible***. Même si les droits de douane devraient continuer de faire grimper les prix des biens au cours des prochains mois, la Fed semble de plus en plus convaincue que ces pressions se révéleront temporaires***.
En conséquence, sauf mauvaises surprises, la Fed restera encline à abaisser ses taux, selon nous. Les marchés anticipent deux réductions de 25 points de base (0,25 %) cette année**, ce qui rapprocherait les taux de 3 %, un niveau de politique monétaire qui ne stimule ni ne freine l’économie, selon la Fed***. Nous sommes globalement d’accord avec cette anticipation et estimons que la Fed abaissera les taux une ou deux fois de plus, ce qui portera les taux à une fourchette de 3 % à 3,5 %.
La baisse des taux d’intérêt au Canada a été encore plus importante, atteignant 275 points de base (2,75 %), la Banque du Canada ayant assoupli sa politique monétaire plus rapidement pour tenter de stimuler une croissance intérieure atone. Selon nous, il n’y aura pas d’autres baisses au Canada, mais, à seulement 2,25 %, les taux d’intérêt offrent déjà très peu de gains par rapport à l’inflation canadienne.

Ce graphique montre que le taux d’intérêt réel au Canada (le taux cible de la Banque du Canada rajusté en fonction de l’inflation selon l’IPC) a chuté à 0 %.

Ce graphique montre que le taux d’intérêt réel au Canada (le taux cible de la Banque du Canada rajusté en fonction de l’inflation selon l’IPC) a chuté à 0 %.
Comme les rendements des liquidités semblent de moins en moins intéressants, c’est le bon moment pour envisager d’étoffer les répartitions stratégiques des obligations et des actions, qui devraient produire des rendements nettement supérieurs en 2026.
3. Privilégier la diversification
Le rendement supérieur des titres technologiques américains à mégacapitalisation durant ce marché haussier a été d’une ampleur considérable. Au cours des trois dernières années, le groupe des « sept magnifiques » a progressé de 325 %, surpassant de loin l’indice général S&P 500 (hausse d’environ 80 %), l’indice canadien S&P/TSX (hausse de 63 %), l’indice Euro Stoxx (hausse de 50 %) et le Nikkei (hausse de 95 %)**.
Selon nous, cette progression a été favorisée par plusieurs facteurs. Premièrement, bien sûr, les percées dans les technologies d’IA ont soutenu la surperformance des bénéfices de ces sociétés. Deuxièmement, à l’échelle mondiale, les actifs américains sont à la mode en raison de leur bonne dynamique de croissance intérieure, le soi-disant exceptionnalisme américain faisant grimper le dollar, ce qui accentue les écarts de rendement en dollars entre les actions américaines et internationales**.

Ce graphique montre que la croissance du PIB des États-Unis a surpassé celle du PIB des économies avancées et du Canada en 2023 et 2024, mais que cet écart s’est comblé après un ralentissement aux États-Unis et une reprise à l’étranger.

Ce graphique montre que la croissance du PIB des États-Unis a surpassé celle du PIB des économies avancées et du Canada en 2023 et 2024, mais que cet écart s’est comblé après un ralentissement aux États-Unis et une reprise à l’étranger.
Toutefois, certains signes indiquent que ces facteurs sont à bout de souffle.
Aux États-Unis, une très bonne croissance des bénéfices est attendue dans les onze secteurs de l’indice S&P. De plus, même si les sociétés technologiques devraient dominer de nouveau, l’écart entre ces sociétés et d’autres se réduit; en effet, les bénéfices attendus dans les secteurs des services financiers, de la consommation discrétionnaire et des produits industriels sont supérieurs à 10 %****.
À l’échelle internationale, l’écart entre la croissance américaine et la croissance internationale s’est maintenant refermé, grâce à l’amélioration de l’activité internationale et à un certain ralentissement de la croissance américaine****. Parallèlement à cette évolution du panorama macroéconomique, la croissance des bénéfices internationaux devrait s’améliorer en 2026****.

Ce graphique montre les prévisions de croissance des bénéfices pour 2025 et 2026 pour l’indice S&P 500, l’indice MSCI Japan, l’indice Euro STOXX 50, l’indice MSCI U.K. et l’indice MSCI China. Une forte croissance des bénéfices dans chacune de ces régions est attendue en 2026.

Ce graphique montre les prévisions de croissance des bénéfices pour 2025 et 2026 pour l’indice S&P 500, l’indice MSCI Japan, l’indice Euro STOXX 50, l’indice MSCI U.K. et l’indice MSCI China. Une forte croissance des bénéfices dans chacune de ces régions est attendue en 2026.
Enfin, le dollar, qui était un facteur défavorable pour les rendements des actions internationales, est devenu un facteur favorable l’an dernier, puisqu’il s’est déprécié de 10 % sur une base pondérée en fonction des échanges commerciaux**. Selon nous, un billet vert neutre ou légèrement plus faible justifie une augmentation de l’exposition internationale en 2026.
Dans l’ensemble, bien que la diversification soit toujours un outil important dans la construction d’un portefeuille, nous pensons qu’il sera particulièrement pertinent d’investir des actions des marchés développés et émergents étrangers en 2026, tout en saisissant les occasions intéressantes que nous entrevoyons dans les actions américaines.
4. Ne pas laisser la politique influer sur votre portefeuille
La politique et les politiques ont retenu l’attention l’an dernier, car la nouvelle administration américaine a radicalement modifié sa politique commerciale, ce qui a eu d’importantes répercussions sur l’économie canadienne. Parfois, l’incertitude suscitée par ces changements a déclenché de violents épisodes de volatilité sur les marchés, notamment une correction importante des principaux indices de référence boursiers au début d’avril**. Toutefois, malgré ces turbulences, les marchés ont continué d’inscrire de solides rendements en 2025**.

Ce graphique montre que l’indice S&P/TSX a chuté simultanément à une forte hausse de l’incertitude entourant la politique commerciale au début de 2025, mais qu’il a par la suite fortement rebondi pour terminer l’année à un niveau bien plus élevé, car cette incertitude s’est dissipée.

Ce graphique montre que l’indice S&P/TSX a chuté simultanément à une forte hausse de l’incertitude entourant la politique commerciale au début de 2025, mais qu’il a par la suite fortement rebondi pour terminer l’année à un niveau bien plus élevé, car cette incertitude s’est dissipée.
Nous pensons qu’il y aura moins de secousses sur le plan de la politique commerciale en cette deuxième année de l’administration américaine. En effet, après une importante révision des droits de douane en 2025, nous pensons qu’ils seront relativement stables cette année, même si nous observons des disputes isolées autour de certains produits.
Il est vrai que la renégociation de l’ACEUM prévue pour 2026 suscite beaucoup d’incertitude. Donald Trump a menacé de se retirer de cet accord qu’il avait signé en 2020 et qui encadre la majorité des échanges commerciaux en Amérique du Nord**. D’autres déclarations grandiloquentes sont à prévoir durant ces négociations, mais, selon nous, ces dernières devraient aboutir à des modifications de l’accord commercial, et non à une refonte du texte ou un abandon total.
Néanmoins, il y aura peut-être des étincelles, en particulier aux États-Unis, où l’attention commence à se tourner vers les élections de mi-mandat. Les investisseurs surveilleront probablement les sondages de près pour voir si les républicains peuvent conserver le contrôle du Congrès ou s’ils pourraient perdre la Chambre des représentants ou le Sénat, auquel cas le pays se retrouverait dans une impasse politique en raison des divisions marquées entre les républicains et les démocrates.
Toutefois, à notre avis, il est important de ne pas réagir de façon excessive aux perturbations politiques et de ne pas laisser les opinions personnelles sur la politique influencer les stratégies de placement. Les investisseurs doivent plutôt se concentrer sur la construction d’un portefeuille bien diversifié qui correspond à leurs objectifs financiers.
Communiquer avec votre conseiller en investissement
Bien sûr, chacun prendra ses propres résolutions en fonction de sa situation et de ses objectifs. Votre conseiller en investissement peut vous aider à adapter ces recommandations afin que vous restiez sur la bonne voie en 2026 et par la suite.
James McCann
Économiste principal
Chiffres de clôture ci-dessous
| Indice | Clôture | Semaine | Cumul annuel |
|---|---|---|---|
| TSX | 31,883 | -0.4% | 0.5% |
| S&P 500 | 6,858 | -1.0% | 0.2% |
| MSCI EAEO* | 2,893 | -0.1% | 0.0% |
| Oblig. canadiennes de cat. investissement | -0.1% | 2.4% | |
| Taux des oblig. du gouv. du Canada à 10 ans | 3.47% | 0.1% | 0.0% |
| Pétrole ($/baril) | 57.30 $ | 1.0% | -0.2% |
| Taux de change $ CA/$ US | 0.73 $ | -0.5% | -0.1% |
Source: FactSet, au 2 janvier 2026. Les obligations sont représentées par l’indice Bloomberg Canada Aggregate Bond. Les rendements passés ne sont pas garants des rendements futurs. * Rendement sur quatre jours se terminant jeudi.
*BLS
**Bloomberg
***Réserve fédérale
****FactSet
La semaine à venir
Les données économiques importantes pour la semaine à venir comprennent les données sur l’emploi au Canada, ainsi que les données sur l’emploi, le logement, l’indice des directeurs d’achats et l’humeur des investisseurs aux États-Unis.

James McCann
Économiste principal
Leader éclairé dans :
- L’incidence des questions économiques sur la vie quotidienne des Américains.
- Les effets des dépenses gouvernementales, des impôts et des changements de réglementation sur nos clients.
- Bâtir des portefeuilles diversifiés pour aider les investisseurs à atteindre leurs objectifs financiers à long terme.
« Le paysage économique et politique ainsi que celui des politiques change radicalement, ce qui rend encore plus difficile pour nos clients de gérer leurs finances personnelles. Dans ce contexte, ce sont nos renseignements approfondis fondés sur la recherche qui peuvent aider les clients à rester sur la bonne voie pour atteindre leurs objectifs financiers. »
James McCann
Économiste principal
Renseignements importants :
Le résumé hebdomadaire des marchés est publié chaque vendredi, après la fermeture des marchés.
Ces renseignements sont donnés uniquement à titre informatif et ne doivent pas être interprétés comme un conseil en placement spécifique. Les investisseurs sont invités à prendre des décisions de placement fondées sur leurs objectifs de placement et leur situation financière spécifiques. Même si, à notre connaissance, les renseignements contenus aux présentes sont exacts, ils ne sont pas garantis et peuvent être modifiés sans préavis.
Les investisseurs devraient comprendre les risques liés aux placements, notamment le risque de taux d’intérêt, le risque de crédit et le risque de marché. La valeur des placements fluctue et les investisseurs peuvent perdre une partie ou la totalité de leur capital.
Le rendement passé n’est pas garant du rendement futur.
Les indices boursiers ne sont pas gérés et il est impossible d’y investir directement. Ils ne visent pas à rendre compte du rendement d’un placement réel.
La diversification n’offre aucune garantie de profit ni aucune protection contre les pertes.
L’investissement systématique n’offre aucune garantie de profit ni aucune protection contre les pertes. Les investisseurs doivent tenir compte de leur volonté de continuer à investir lorsque les cours boursiers sont à la baisse.
Les dividendes peuvent être majorés, réduits ou éliminés à tout moment et sans préavis.
Certains risques sont spécifiques aux placements internationaux, notamment ceux qui ont trait aux fluctuations de change ainsi qu’aux événements politiques et économiques étrangers.
