Trois tendances économiques à surveiller à l’aube du deuxième semestre de 2026

Principaux points à retenir:

  • Les économies américaine et canadienne ont connu leur lot de difficultés cette année, notamment l’incertitude géopolitique et la forte hausse des prix du pétrole. Toutefois, malgré la volatilité, la croissance économique est demeurée largement résiliente; la croissance du PIB des États-Unis et du Canada devrait d’ailleurs rebondir au deuxième semestre de l’année, après un début d’année plus timide.
  • À l’aube du deuxième semestre de l’année, nous surveillons trois tendances qui, selon nous, devraient influencer l’évolution de ces économies : la vigueur du marché de l’emploi, la trajectoire des prix du pétrole et la direction que les banques centrales décideront de prendre pour les taux d’intérêt.
  • Dans ce contexte, nous croyons que les marchés boursiers peuvent continuer de surpasser les marchés obligataires à l’approche des derniers mois de l’année. Même si nous pourrions connaître une certaine volatilité et observer une rotation des marchés, nous continuons de privilégier les actions américaines à grande et à moyenne capitalisation, ainsi que les actions des marchés émergents.

Il ne fait aucun doute que les économies américaine et canadienne ont connu leur lot de difficultés en 2026, notamment l’incertitude géopolitique, des fluctuations sur les marchés de l’énergie et des préoccupations persistantes autour de la trajectoire de la politique monétaire. Malgré ces difficultés, l’activité économique est demeurée résiliente, une croissance modérée, égale ou supérieure à la tendance, étant prévue au deuxième semestre de l’année.

À l’aube du deuxième semestre, nous surveillons trois grandes tendances qui, selon nous, devraient déterminer les perspectives économiques et des marchés : la vigueur du marché de l’emploi, la trajectoire des prix du pétrole et des prix de l’essence à la pompe, et l’orientation que la Fed et la Banque du Canada donneront aux taux d’intérêt. Vous trouverez ci-dessous notre point de vue sur chacune de ces trois grandes variables et sur ce que cela signifie globalement pour les investisseurs.

  1. Le marché de l’emploi s’améliore :

    Dans l’ensemble, selon nous, la trajectoire des marchés de l’emploi américain et canadien en 2026 peut être considérée comme cahoteuse, mais, plus récemment, elle a globalement surpris à la hausse. Certains pourraient même considérer que ces marchés sont dans une situation optimale, ni en surchauffe, ni léthargiques.


    Aux États-Unis, le rapport de juin sur l’emploi publié la semaine dernière est encore venu confirmer cette tendance idéale. Alors que le nombre d’emplois créés s’est établi à 57 000, ce qui est inférieur aux 113 000 nouveaux emplois attendus, le taux de chômage a diminué à 4,2 %. De plus, la progression des salaires de 3,5 % sur 12 mois a été conforme aux attentes, l’absence d’une forte augmentation cette année ayant contribué à contenir l’inflation de base.


    De façon plus générale, la croissance de l’emploi depuis le début de 2026 surpasse celle de l’an dernier. En moyenne, le nombre d’emplois créés chaque mois aux États-Unis cette année a été d’environ 92 000, comparativement à une moyenne d’environ 9 700 l’an dernier. La stabilité du marché de l’emploi et l’augmentation du nombre d’emplois créés soutiennent la consommation des ménages, mais cet effet est en partie contrebalancé par la hausse des prix et l’inflation globale.

 Ce graphique montre que le nombre d’emplois créés chaque mois aux États-Unis a augmenté depuis le début de 2026, la moyenne depuis le début de l’année étant de 92 000, ce qui est nettement supérieur à la moyenne de 9 700 pour 2025, malgré la volatilité pe
Source: Bloomberg.

De même, au Canada, les données sur l’emploi de mai ont été nettement supérieures aux attentes. Environ 88 000 emplois ont été créés, contre 10 000 attendus, et le taux de chômage est passé de 6,9 % à 6,6 %, en raison de la création d’emplois à temps plein. On s’attend à ce que le rapport de juin sur l’emploi au Canada, qui sera publié la semaine prochaine, fasse état de 10 000 emplois créés, soit moins que le mois dernier, mais le taux de chômage s’est certainement maintenu autour de 6,7 %.

  1. Les prix du pétrole baissent; les prix de l’essence à la pompe suivront-ils?

    La deuxième tendance à surveiller à l’aube du deuxième semestre de 2026 est la trajectoire des prix du pétrole et de l’essence à la pompe. Les négociations entre les États-Unis et l’Iran continuent de progresser, même si aucun accord de paix définitif n’a été conclu. Néanmoins, le trafic dans le détroit d’Ormuz a repris et les marchés semblent toujours prudemment optimistes quant à la trajectoire des prix du pétrole, d’autant que les économies mondiales se concentrent sur l’augmentation de l’offre et le renforcement des chaînes d’approvisionnement.


    Par conséquent, les prix du pétrole WTI ont considérablement baissé au cours des dernières semaines. En fait, le WTI est retombé sous la barre des 70 $, soit près des niveaux enregistrés avant le début de la guerre en Iran. Toutefois, aux États-Unis et au Canada, les prix de l’essence à la pompe ne redescendent pas aussi rapidement que ceux du pétrole brut, un décalage qui est habituel. Cette situation s’explique en grande partie par le fait que les stations-service ont besoin de temps pour écouler leurs stocks plus anciens, qui leur ont coûté plus cher. Si l’on se base sur les données historiques, les prix de l’essence à la pompe pourraient s’aligner sur les prix du brut d’ici quatre à huit semaines. Cela soulagerait les consommateurs à l’approche des derniers mois de l’année.

 Ce graphique montre que les prix du pétrole WTI ont chuté, renouant presque avec leurs niveaux d’avant la guerre en Iran, après avoir fortement augmenté, tandis que les prix moyens de l’essence à la pompe aux États-Unis prennent plus de temps à redescendr
Source: Bloomberg.
  1. La Réserve fédérale américaine et la Banque du Canada pourraient rester sur la touche pour l’instant :

    La troisième tendance à surveiller est l’orientation que la Fed et la Banque du Canada vont donner aux taux d’intérêt à l’aube du deuxième semestre de l’année. À la réunion de juin du FOMC, le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, a indiqué que faire baisser l’inflation était une priorité majeure de la Fed.


    De plus, même si le maintien des taux d’intérêt a été voté à l’unanimité lors de la réunion de juin, le comité a semblé divisé sur l’orientation des taux pour le reste de 2026. En fait, environ neuf membres ont indiqué qu’il était approprié de relever les taux une ou deux fois pour le reste de l’année, tandis que neuf autres ont estimé qu’il était judicieux de maintenir les taux inchangés, voire les réduire une fois cette année.

 Ce graphique montre que les responsables de la Fed sont partagés quant à la trajectoire appropriée pour les taux d’intérêt en 2026, environ la moitié d’entre eux étant favorable au maintien des taux ou à leur baisse, et l’autre moitié environ étant en fav
Source: FOMC, en date de juin 2026.

De même, au Canada, on s’attendait, au cours des derniers mois, à ce que la Banque du Canada (BdC) envisage de relever les taux compte tenu du choc des prix de l’énergie et des pressions inflationnistes grandissantes. Cependant, compte tenu de la récente baisse des prix de l’énergie et de la croissance économique légèrement négative de l’économie canadienne au premier semestre de l’année, la plupart des analystes s’attendent désormais à ce que la BdC reste sur la touche cette année.

À notre avis, la Fed et la BdC devraient maintenir les taux inchangés pour le reste de 2026. Même si l’inflation demeure élevée, nous savons que les prix du pétrole diminuent et que les taux d’inflation neutres demeurent bien ancrés. Nous pensons que les banques centrales vont probablement surveiller de près les données sur l’inflation et le marché de l’emploi au cours des prochains mois avant de décider d’une trajectoire.

Qu’est-ce que cela signifie pour les investisseurs?

À l’aube du deuxième semestre de l’année, nous sommes d’avis que les trois tendances mises en avant ci-dessus sont les prémices d’un contexte économique solide : stabilisation du marché de l’emploi, inflation et prix de l’essence qui ont peut-être atteint un sommet et qui devraient commencer à diminuer, et probabilité que la Fed et la BdC maintiennent les taux inchangés.

Dans ce contexte, nous croyons que les actions peuvent continuer de surpasser les obligations. Du côté des actions, nous continuons de surpondérer les actions américaines à grande capitalisation, qui offrent une exposition au thème en cours de la croissance de l’IA et des technologies, et les actions américaines à petite et à moyenne capitalisation, qui, selon nous, pourraient rattraper leur retard. Nous recommandons une pondération neutre des actions canadiennes à grande capitalisation, à moyenne capitalisation et à petite capitalisation.

D’un point de vue régional, nous continuons de surpondérer les actions des marchés émergents, tout comme les actions américaines. Selon nous, les actions des marchés émergents peuvent constituer une solution de rechange à l’exposition aux technologies américaines et profiteront par ailleurs d’une forte croissance des bénéfices de plus de 50 % cette année.

Comme toujours, votre conseiller en investissement peut vous aider à répartir vos placements en respectant vos préférences en matière de risque et vos objectifs financiers, et s’assurer que vous êtes sur la bonne voie pour atteindre ces objectifs, peu importe ce que la seconde moitié de 2026 pourrait réserver.

Mona Mahajan
Stratège en placement

Sources de toutes les données citées dans le commentaire : Bloomberg.

Mona Mahajan

Mona Mahajan est responsable de l’élaboration et de la communication des perspectives macroéconomiques et des marchés financiers de la société. Son expérience comprend l’analyse des actions et des titres à revenu fixe, la stratégie de placement mondiale et la gestion de portefeuille.

Elle écrit ou apparaît régulièrement à CNBC, Bloomberg TV, dans le Wall Street Journal et Barron’s.

Mona Mahajan détient une maîtrise en administration des affaires de la Harvard Business School, un baccalauréat en finance de la Wharton School de l’Université de Pennsylvanie ainsi qu’un baccalauréat en informatique de l’École d’ingénierie de la même université.

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