Le ralentissement de l’inflation justifie l’approche patiente de la Fed

Principaux points à retenir :

  • L’inflation affiche une tendance encourageante. La semaine dernière, les marchés ont été soulagés, car certains indices boursiers ont, une fois de plus, atteint de nouveaux sommets historiques et l’inflation aux États-Unis a repris sa tendance baissière, ce qui a, pour l’instant, dissipé les inquiétudes des investisseurs qui craignaient que les pressions inflationnistes se généralisent et persistent encore plus.
  • Pour la Fed, la patience pourrait demeurer une vertu.Comme les prochaines réunions de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine et de la Banque du Canada ne sont pas prévues avant septembre, les prochains rapports sur l’inflation détermineront probablement les attentes à l’égard de l’évolution de la politique monétaire. Toutefois, selon nous, les récents signes de stabilité du marché de l’emploi et le ralentissement de l’inflation pourraient permettre aux décideurs de patienter encore davantage avant d’agir.
  • Les principaux facteurs fondamentaux des marchés demeurent une source de vigueur.Selon nous, les solides prévisions de bénéfices dans plusieurs secteurs, la vigueur de l’élan économique et la stabilité des dépenses de consommation continuent de soutenir les marchés boursiers, ce qui contribue à créer un contexte favorable et des occasions potentielles pour les investisseurs rigoureux
  • Plutôt que de vous positionner en vue d’un seul scénario de marché, mettez l’accent sur la diversification en privilégiant les actions de façon opportuniste.Même si l’inflation a ralenti, le retour à la cible de la Fed pourrait ne pas être parfaitement linéaire, d’où l’importance de diversifier ses placements et de ne pas miser sur un seul scénario d’inflation. Dans un contexte économique favorable, nous privilégions une surpondération d’un panier d’actions diversifiées dans toutes les régions afin de saisir les occasions liées à la fois à l’innovation en matière d’IA et à la croissance économique globale.

Après une période marquée par la publication de nombreuses données économiques clés et rapports trimestriels sur les bénéfices des sociétés, et plusieurs réunions des banques centrales, le calendrier était nettement moins chargé la semaine dernière. Ce contexte plus calme s’est reflété dans le comportement des marchés, l’indice de volatilité de la CBOE, souvent appelé « baromètre de la peur », a renoué avec ses creux de 2026, malgré des manchettes changeantes au sujet des efforts diplomatiques au Moyen-Orient.

Un sujet a tout de même retenu l’attention cette semaine : l’inflation aux États-Unis. Au cours de la semaine, les investisseurs ont reçu de bonnes nouvelles à cet égard, les indices TSX, S&P 500 et des petites capitalisations ayant atteint de nouveaux sommets historiques, ce qui est encourageant. De plus, nous estimons que le contexte économique général demeure favorable pour les marchés et qu’il pourrait récompenser les investisseurs qui demeurent rigoureux.

L’inflation aux États-Unis a suivi une tendance encourageante

L’attention des investisseurs est demeurée fortement portée sur l’inflation, et à juste titre. La hausse des prix de l’énergie, combinée aux droits de douane et aux importantes dépenses en immobilisations liées à l’intelligence artificielle, fait craindre que les pressions sur les prix se généralisent et persistent, ce qui pourrait inciter la Réserve fédérale américaine à reprendre les hausses de taux pour devancer les risques inflationnistes. Toutefois, la foule d’indicateurs de l’inflation aux États-Unis publiés au cours de la dernière semaine a révélé des tendances encourageantes selon plusieurs perspectives :

  • L’inflation des prix à la consommation a ralenti : L’indice des prix à la consommation (IPC) des États-Unis, qui suit l’évolution des prix que les consommateurs paient pour un panier de biens et de services, a renoué avec sa tendance baissière progressive après une hausse largement attribuable à l’énergie au début de l’année. Par rapport à il y a un an, l’IPC global a augmenté de 3,4 %, ce qui représente une baisse conforme aux attentes par rapport à la hausse de 3,5 % enregistrée le mois dernier. L’IPC de base, qui exclut les catégories plus volatiles que sont les aliments et l’énergie, a augmenté de 2,5 %, soit moins que les 2,6 % enregistrés le mois dernier, ce qui est également conforme aux attentes. L’inflation sur 12 mois de la catégorie des services, qui représente environ 60 % du panier de l’IPC, est passée de 3,2 % à 3 %, en raison du ralentissement de la croissance des salaires et de la désinflation du marché du logement, tandis que l’inflation des biens est demeurée inchangée à 0,8 %.
     

    La semaine prochaine, nous aurons un aperçu de la trajectoire de l’inflation selon l’IPC au Canada. Selon les estimations consensuelles, l’IPC global devrait augmenter de 2,9 % sur 12 mois. Certes, ce taux serait supérieur aux 2,8 % de juin, mais il demeurerait inférieur aux 3,2 % enregistrés en mai.

     

  • Ralentissement de l’inflation des prix de gros : L’indice des prix à la production (IPP) aux États-Unis, qui mesure l’évolution des prix de vente des producteurs et qui pourrait fournir une première indication des pressions inflationnistes susceptibles de se répercuter sur les consommateurs, a été plus faible que prévu. L’IPP global a augmenté de 4,7 % sur 12 mois, ce qui représente une baisse par rapport au mois dernier (5,5 %). L’IPP de base, qui exclut les aliments et l’énergie, est passé de 4,7 % en juin à 4,2 %.

 

  • Les attentes d’inflation sont demeurées contenues : Les mesures des attentes d’inflation fondées sur le marché et les enquêtes contribuent à offrir une perspective plus prospective de l’inflation ou pourraient laisser entrevoir le comportement potentiel des consommateurs. Selon le cours des titres du Trésor américain à 10 ans protégés contre l’inflation (TIPS), les marchés obligataires s’attendent à ce que l’inflation selon l’IPC demeure contenue, potentiellement autour de 2,2 % en moyenne au cours des 10 prochaines années. De plus, ces attentes se maintiennent dans une fourchette relativement étroite depuis plusieurs années et se situent près de la limite inférieure de leur fourchette de 2026; il est donc peu probable que les chocs de prix temporaires deviennent plus structurels ou s’installent davantage à long terme.
 Le graphique montre que l’inflation selon l’IPC a renoué avec sa tendance baissière après avoir atteint un sommet plus tôt cette année, tandis que les attentes d’inflation fondées sur le marché à long terme demeurent près de 2 %.
Source: FRED. Les attentes du marché à 10 ans sont représentées par le taux d’inflation neutre à 10 ans.

En conclusion : L’inflation demeure élevée, ce qui pénalise les budgets des ménages et potentiellement la croissance économique. De plus, l’incertitude entourant les efforts diplomatiques au Moyen-Orient et son incidence potentielle sur l’offre d’énergie impliquent toujours un important risque de hausse. Toutefois, selon les données récentes, les pressions inflationnistes n’ont pas réaccéléré, et les effets secondaires semblent contenus pour l’instant. Nous nous attendons également à ce que le ralentissement du marché de l’emploi aux États-Unis et de l’inflation du marché du logement continue de soutenir la désinflation globale au cours des prochains mois, une tendance qui pourrait être encore davantage soutenue par une atténuation des tensions géopolitiques et une stabilisation des marchés de l’énergie à mesure que les négociations au Moyen-Orient progressent.

Pour la Fed, la patience pourrait demeurer une vertu

Même si les récentes données ont révélé des tendances encourageantes, l’inflation demeure toujours supérieure aux cibles de la banque centrale; les décideurs devront donc peut-être encore déployer des efforts pour atteindre leur objectif à long terme. De plus, comme le marché de l’emploi ralentit, mais demeure stable aux États-Unis, la Fed a davantage mis l’accent sur le volet « stabilité des prix » de son double mandat, ce qui renforce l’importance des données publiées la semaine dernière pour déterminer les attentes en matière de politique monétaire.

À sa réunion de juillet, sur les 12 membres votants de la Fed, 9 étaient en faveur d’une approche patiente et du maintien des taux plutôt que d’une politique plus restrictive à ce moment-là. Comme la prochaine réunion de politique monétaire de la Fed n’est pas prévue avant la mi-septembre, les décideurs pourront s’appuyer sur plusieurs nouvelles publications de données concernant le marché de l’emploi et l’inflation avant de prendre leur prochaine décision sur les taux. Toutefois, comme le marché de l’emploi montre des signes de stabilité et que l’inflation ralentit, la probabilité que cette approche attentiste l’emporte une fois de plus a augmenté, selon nous.

 Le graphique montre que les marchés ont revu à la baisse leurs attentes d’un relèvement des taux de la Fed lors de la réunion de septembre par rapport aux dernières semaines.
Source: Outil FedWatch de CME.

En conclusion : Alors que les investisseurs surveillent de près les nouvelles données sur l’inflation, l’évolution des attentes à l’égard de la politique monétaire pourrait être une source de volatilité périodique sur les marchés boursiers et obligataires, surtout que la Fed communique peu sur ses anticipations de politique monétaire et ses prévisions. Toutefois, à l’heure actuelle, les attentes des marchés reflètent une trajectoire stable pour la politique monétaire, une seule hausse de taux étant attendue aux États-Unis au cours des 12 prochains mois, selon l’outil FedWatch de CME, des perspectives qui pourraient se révéler favorables pour les marchés financiers.

Les principaux facteurs fondamentaux des marchés demeurent une source de vigueur

Même si l’inflation pénalise toujours les ménages et les entreprises, plusieurs tendances sous-jacentes continuent de créer un contexte économique et de marché favorable :

  • Dynamisme économique. Le U.S. Bureau of Labor Statistics estime que le produit intérieur brut (PIB) réel des États-Unis a augmenté de 2,1 % au premier trimestre de 2026 et de 1,5 % au deuxième trimestre. Selon les prévisions du modèle GDPNow de la Fed d’Atlanta, la croissance du PIB réel des États-Unis au troisième trimestre se rapproche de 4 %. Bien que la croissance puisse entraîner des risques inflationnistes, le dynamisme économique pourrait également contribuer à accepter d’éventuels ajustements de politique monétaire.

     

  • Stabilité des dépenses de consommation. Dernièrement, les dépenses de consommation sont l’une des principales sources de croissance économique, ce qui contribue au dynamisme économique. D’ailleurs, les ventes au détail aux États-Unis se sont accélérées cette année, ce qui vient davantage confirmer la résilience de la consommation. Même si les ventes au détail ont baissé en juillet et que la confiance des consommateurs est demeurée faible, deux facteurs qui pourraient éviter à la Fed d’avoir à relever les taux à court terme, les ventes au détail demeurent solides, à 4,7 %, ce qui est supérieur aux niveaux d’il y a 12 mois. La semaine prochaine, nous aurons un aperçu de la croissance des ventes au détail au Canada.

     

  • De très bons bénéfices dans de nombreux secteurs. Les prévisions de bénéfices pour 2026 pour les indices TSX et S&P 500 se sont améliorées au cours de l’année, les prévisions de croissance sur l’ensemble de l’année dépassant maintenant 25 % pour le TSX et 30 % pour le S&P 500. Les révisions des bénéfices ont été particulièrement marquantes pour les secteurs des technologies, liés aux produits de base et sensibles à l’économie. Presque tous les secteurs devraient enregistrer une croissance positive des bénéfices, ce qui est encourageant et témoigne de l’ampleur de la vigueur.
 Les graphiques montrent que les prévisions de croissance des bénéfices en 2026 demeurent positives dans presque tous les secteurs de l’indice TSX et de l’indice S&P 500, ce qui témoigne de l’ampleur de la vigueur des bénéfices. Un indice n’est pas géré et
Source: FactSet et Edward Jones.

En conclusion : Même si l’inflation et la géopolitique peuvent de temps à autre accaparer l’attention des marchés, nous nous attendons à ce que ces facteurs fondamentaux clés, à savoir le dynamisme économique, la stabilité des dépenses de consommation et la croissance généralisée des bénéfices, soutiennent les marchés boursiers, et créent un contexte favorable et des occasions potentielles pour les investisseurs rigoureux.

Investisseurs, mettez l’accent sur la diversification afin de saisir un vaste éventail d’occasions

Même si l’inflation a ralenti, le retour aux cibles de la banque centrale pourrait ne pas être parfaitement linéaire. Cette incertitude décuple l’importance de maintenir un portefeuille diversifié plutôt que de parier sur un seul scénario d’inflation. Nous sommes d’avis que les actions sont la pierre angulaire de cette stratégie, car elles offrent un potentiel de croissance à long terme capable de contribuer à préserver le pouvoir d’achat et offrent une certaine protection contre l’inflation au fil du temps, bien qu’on puisse observer des périodes de volatilité sur les marchés en cours de route.

Lorsque vous travaillez avec votre conseiller en investissement, envisagez de maintenir une répartition stratégique et bien diversifiée entre les actions et les obligations qui cadre avec vos objectifs financiers et votre tolérance au risque, tout en privilégiant les actions de façon opportuniste, compte tenu du contexte économique favorable que nous entrevoyons. Nous privilégions une surpondération d’un panier d’actions composé d’actions canadiennes à petite et moyenne capitalisation, d’actions américaines à grande capitalisation, et d’actions des marchés émergents. À notre sens, cette combinaison aide à saisir des occasions opportunes liées à la fois à l’innovation en matière d’IA et à la croissance économique globale, tout en conservant l’accent sur la qualité et la diversification.

Tom Larm, CFA CFP®
Stratège de portefeuille

Sources pour toutes les données dans les commentaires, sauf indication contraire : U.S. Bureau of Labor Statistics, FRED et FactSet.

Tom Larm, CFA®, CFP®

Tom Larm est stratège de portefeuille au sein de l’équipe des stratégies de placement. Il est responsable de l’élaboration de conseils et de lignes directrices en matière de construction de portefeuille, de répartition de l’actif et de rendement des placements afin d’aider les clients à atteindre leurs objectifs financiers à long terme.

M. Larm a obtenu un baccalauréat en finance avec grande distinction de l’Université d’État du Missouri, Il est titulaire d’un MBA de l’Université St. Louis et détient les titres professionnels de CFA et de CFP. Il est membre de la CFA Society of St. Louis.

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