Les difficultés s’estompent, permettant de nouveaux sommets
Principaux points à retenir :
- Trois grandes difficultés se sont atténuées : L’amélioration de la confiance à l’égard de la demande d’IA, la baisse des prix du pétrole et l’apaisement des craintes d’un resserrement supplémentaire de la Fed ont aidé l’indice S&P 500 à sortir de la fourchette de négociation étroite dans laquelle il évoluait depuis trois mois et à atteindre de nouveaux sommets comme l’indice TSX.
- Les bénéfices continuent de porter le marché haussier : La croissance des bénéfices du S&P 500 au deuxième trimestre se rapproche de 47 %, et même de près de 29 % après rajustement en fonction des gains liés aux placements d’Alphabet et d’Amazon, et de 31 % au Canada. Il est important de souligner que les sociétés technologiques américaines à mégacapitalisation ne sont plus les seules à enregistrer des bénéfices élevés.
- L’économie demeure résiliente : L’activité manufacturière aux États-Unis s’est accélérée pour atteindre un sommet inégalé en quatre ans, malgré la flambée des prix du pétrole en juillet, tandis que le ralentissement de la croissance des salaires au Canada et aux États-Unis donne à penser que les pressions inflationnistes demeurent contenues.
- Le fait que les marchés atteignent de nouveaux sommets n’est pas nécessairement un signal d’alerte : D’après les données historiques, les placements réalisés lors des sommets records ont produit des rendements comparables, et souvent supérieurs, à ceux des placements réalisés un jour de bourse habituel, d’où l’importance de conserver ses placements plutôt que d’attendre un meilleur point d’entrée.
Au cours des trois derniers mois, trois grandes difficultés ont maintenu les actions américaines dans une fourchette étroite : le scepticisme à l’égard de la durabilité des dépenses en IA, les risques géopolitiques liés aux marchés de l’énergie et l’incertitude entourant la politique de la Fed. De récents changements ont permis d’apaiser au moins deux de ces inquiétudes, confirmant ainsi le rôle des bénéfices et des données fondamentales de l’économie en tant que principaux moteurs des cours boursiers. L’indice S&P 500 est donc sorti de sa phase de consolidation estivale et a atteint de nouveaux sommets records.
Les actions canadiennes ont suivi une tout autre voie. Bien que le TSX ait également atteint des sommets records, il n’a globalement pas connu de période prolongée de consolidation comme les marchés américains, car il a profité de la vigueur des matières et des services financiers, et d’une rotation au sein du secteur des technologies en faveur des sociétés liées aux logiciels.
Nous allons examiner les facteurs qui expliquent ce très bon début d’août et ce que cette percée du marché révèle de la durabilité de la hausse actuelle.

Le graphique montre l’évolution du TSX et du S&P 500 au cours de la dernière année. Les actions canadiennes sont demeurées sur une tendance haussière, mais les actions américaines, qui sont restées dans une fourchette étroite au cours des trois derniers mois, ont atteint de nouveaux sommets en août.

Le graphique montre l’évolution du TSX et du S&P 500 au cours de la dernière année. Les actions canadiennes sont demeurées sur une tendance haussière, mais les actions américaines, qui sont restées dans une fourchette étroite au cours des trois derniers mois, ont atteint de nouveaux sommets en août.
Les bénéfices des grandes sociétés technologiques n’indiquent aucunement un ralentissement de la demande d’IA
À notre avis, le débat qui a le plus animé les marchés au cours des derniers mois portait sur la capacité des sociétés à poursuivre leur rythme actuel de dépenses liées à l’IA et, à terme, produire des rendements suffisants. Les investisseurs ont soulevé des questions légitimes sur la durabilité des dépenses en immobilisations, les délais de monétisation, les nouveaux concurrents et la possibilité que l’adoption de l’IA ne soit pas à la hauteur des attentes de plus en plus élevées. Ces préoccupations ont contribué à une révision des valorisations dans certains segments du secteur des technologies et des semi-conducteurs au cours de l’été.
Même si certaines de ces questions resteront probablement en suspens, les récents rapports sur les bénéfices ont permis d’apaiser bon nombre de ces préoccupations. Les grandes sociétés technologiques ont fait état d’une accélération de la croissance de leurs revenus provenant de l’infonuagique, d’une demande d’IA accrue, d’une augmentation des carnets de commandes et d’une meilleure visibilité sur leurs futures sources de revenus. Plus important encore, selon nous, les équipes de direction se montrent de plus en plus confiantes lorsqu’elles évoquent l’ampleur de leurs investissements dans l’IA, mais aussi les rendements économiques que ces investissements devraient produire.
Les réactions des marchés reflètent ce changement. Les sociétés dont la croissance des revenus s’accélère et dont la trajectoire vers les rendements du capital investi est claire ont globalement été récompensées. Par exemple, la valeur marchande Microsoft a augmenté d’environ 450 milliards de dollars après la publication du rapport sur les bénéfices de la société, ce qui représente la plus forte progression de capitalisation boursière jamais enregistrée par une société ouverte en une seule journée.
En revanche, les réactions à l’égard des sociétés qui continuent d’accroître leurs dépenses alors que leur stratégie de monétisation n’est pas claire ont été plus contrastées. Les actions de Meta, par exemple, ont reculé après la publication du rapport sur les bénéfices de la société, malgré un nouveau trimestre de forte croissance, car les investisseurs n’étaient pas certains que l’accélération des dépenses d’investissement produirait des rendements suffisants à terme. Les différentes réactions du marché donnent à penser que le thème de l’IA arrive à maturité, sans pour autant disparaître. Selon nous, les investisseurs sont plus sélectifs, mais n’abandonnent pas ce thème.
En conclusion : Nous sommes d’avis que les récents rapports sur les bénéfices ont contribué à raviver la confiance à l’égard du cycle d’investissement dans l’IA. L’accélération de la croissance de l’infonuagique et l’augmentation des carnets de commandes indiquent que le cycle de l’IA demeure intact. En parallèle, la liquidation de positions très prisées et la révision des valorisations survenues plus tôt cette année ont contribué à créer un meilleur contexte pour les sociétés technologiques. À notre avis, cette combinaison va permettre aux valorisations d’augmenter progressivement, à mesure que la confiance des investisseurs quant à la durabilité et la monétisation de la croissance future axée sur l’IA augmente.

Le graphique montre que le ratio cours/bénéfice prévisionnel du secteur des technologies par rapport à l’ensemble de l’indice S&P 500 est inférieur à sa moyenne sur cinq ans.

Le graphique montre que le ratio cours/bénéfice prévisionnel du secteur des technologies par rapport à l’ensemble de l’indice S&P 500 est inférieur à sa moyenne sur cinq ans.
La forte croissance des bénéfices ne concerne plus uniquement les grandes sociétés technologiques
Plus de 85 % des sociétés de l’indice S&P 500 ont publié leurs résultats du deuxième trimestre et la croissance des bénéfices s’établit à environ 48 %, soit plus du double des 24 % estimés au début de la période de publication des résultats, ce qui en fait l’une des périodes les plus vigoureuses, à l’exception des grandes périodes de reprise qui ont suivi les récessions. Même si la consommation discrétionnaire et les services de communication ont fortement contribué à cette hausse inattendue, la croissance des bénéfices se généralise de plus en plus, six des neuf secteurs restants ayant également enregistré une croissance des bénéfices de plus de 10 %.
Il est important de préciser que cette vigueur ne se cantonne pas aux quelques résultats ayant fait la une. La croissance des bénéfices observée dans les rapports a été stimulée par des gains importants liés aux placements d’Alphabet et d’Amazon, soit principalement des gains de valeur de marché sur des placements en actions stratégiques, notamment dans Anthropic. Si l’on exclut ces gains non opérationnels, la croissance des bénéfices de l’indice S&P 500 s’établirait tout de même à près de 29 %, ce qui représenterait une accélération par rapport au premier trimestre et le deuxième trimestre consécutif de croissance des bénéfices supérieure à 20 %.
Le scénario ne se limite pas aux États-Unis. Au Canada, la croissance des bénéfices de l’indice TSX se situe à environ 31 % au deuxième trimestre, soit une accélération par rapport au premier trimestre, ce qui en fait l’un des trimestres les plus vigoureux des dernières années. Contrairement aux États-Unis, où les technologies demeurent le principal moteur de la croissance des bénéfices, ce sont les secteurs de l’énergie et des matières qui l’ont portée au Canada, grâce à l’augmentation des prix des produits de base et à l’amélioration du levier d’exploitation.
En conclusion : Selon nous, le fait que le marché atteint de nouveaux sommets s’explique par une période de publication des résultats exceptionnelle. La croissance des bénéfices ne concerne plus seulement un petit groupe de sociétés technologiques à mégacapitalisation, ce qui offre une base plus propice à de nouveaux gains et confirme notre opinion selon laquelle le groupe de meneurs du marché peut continuer de s’élargir au deuxième semestre de l’année.

Le graphique montre que les bénéfices du deuxième trimestre devraient figurer parmi les plus élevés en dehors des périodes de reprise qui ont suivi les récessions.

Le graphique montre que les bénéfices du deuxième trimestre devraient figurer parmi les plus élevés en dehors des périodes de reprise qui ont suivi les récessions.
L’économie se montre résiliente malgré la volatilité du pétrole
Les risques géopolitiques au Moyen-Orient n’ont pas disparu, mais les récentes manchettes ont contribué à apaiser les craintes d’une perturbation importante de l’offre d’énergie. Les rumeurs selon lesquelles des discussions sont en cours concernant l’accès au détroit d’Ormuz font espérer une désescalade des tensions, ce qui entraîne une inversion de la tendance des prix du pétrole. Une bonne partie de la flambée des prix du pétrole brut WTI du mois dernier a été effacée, car les investisseurs estiment que la probabilité de voir se réaliser les scénarios les plus défavorables a diminué. Même si les négociations demeurent incertaines, les marchés semblent désormais moins sensibles aux manchettes et plus intéressés par les données fondamentales sous-jacentes.
Même pendant la flambée des prix du pétrole de juillet, l’économie américaine a continué de faire preuve de résilience. L’activité manufacturière s’est accélérée le mois dernier, l’indice ISM du secteur manufacturier ayant atteint son plus haut niveau depuis plus de quatre ans, car la demande a rebondi, la production a augmenté et les embauches ont progressé. Nous pensons que les récents bénéfices des sociétés ferroviaires, le rebond des ventes de poids lourds et les très bons bénéfices de Caterpillar sont autant de signes d’amélioration du contexte industriel qui témoignent à la fois de la poursuite de la construction d’infrastructures d’IA et de l’accélération du cycle manufacturier.
En conclusion : La situation concernant l’Iran et le détroit d’Ormuz demeure incertaine, mais le risque perçu qu’une perturbation importante frappe le secteur de l’énergie s’est atténué, selon nous. Combiné à la résilience des données économiques et à l’amélioration de l’activité manufacturière, le renversement de la tendance des prix du pétrole a contribué à éliminer une importante source d’incertitude qui a pesé sur les marchés pendant la majeure partie de l’été.

Le graphique montre que l’activité manufacturière, représentée par l’indice ISM des directeurs d’achats du secteur manufacturier, s’est accélérée cette année.

Le graphique montre que l’activité manufacturière, représentée par l’indice ISM des directeurs d’achats du secteur manufacturier, s’est accélérée cette année.
Le marché de l’emploi n’est pas source d’inflation
Les tendances du marché de l’emploi ont continué de diverger en Amérique du Nord en juillet. Aux États-Unis, le rapport sur l’emploi a fait état d’un marché de l’emploi en perte de vitesse et non en surchauffe. Le nombre d’emplois a diminué de 23 000, ce qui est nettement inférieur aux attentes d’une hausse de 80 000 emplois, tandis que les importantes révisions à la baisse des chiffres des deux mois précédents donnent à penser que la demande de main-d’œuvre est plus faible que prévu. Par ailleurs, la baisse du taux de chômage, qui a atteint 4,1 %, ne doit pas être interprétée comme un signe de vigueur du marché de l’emploi, d’après nous. En fait, elle reflète globalement une baisse de la participation au marché du travail, laquelle a atteint son plus bas niveau depuis 2021 dans un contexte de ralentissement de l’immigration, de vieillissement de la population et de départs à la retraite.
Le marché de l’emploi canadien, quant à lui, n’a pas suivi la même voie. En juillet, 75 000 postes ont été créés, ce qui est nettement supérieur aux attentes, tandis que le taux de chômage a reculé pour atteindre 6,4 %, son plus bas niveau depuis deux ans. Ces résultats meilleurs que prévu sont cohérents avec les signes de reprise progressive de la croissance économique. Toutefois, la croissance des salaires demeure suffisamment faible pour que les pressions inflationnistes ne semblent pas s’accélérer de nouveau, ce qui donne à penser que la Banque du Canada ne se sentira probablement pas contrainte de relever les taux dans un avenir proche.
Malgré la faiblesse des données globales aux États-Unis, les actions se sont redressées à la suite de la publication de ces données dans une réaction classique des marchés, qui perçoivent les mauvaises nouvelles comme de bonnes nouvelles. Le ralentissement du marché de l’emploi, combiné au plus lent rythme de croissance des salaires aux États-Unis enregistré depuis près de cinq ans, a contribué à atténuer les préoccupations à l’égard de l’inflation. Par conséquent, les investisseurs ont revu à la baisse leurs attentes concernant un éventuel resserrement de la politique monétaire par la Fed, les marchés obligataires estimant maintenant que la probabilité de hausse des taux en septembre est inférieure à 50 %. Cela dit, nous sommes d’avis que les prochaines données sur l’inflation influenceront probablement encore plus les attentes à l’égard de la prochaine intervention de la Fed.
En conclusion : Même si la situation du marché de l’emploi n’est pas la même au Canada et aux États-Unis, il semble qu’aucune des deux économies ne soit confrontée aux pressions salariales habituellement associées à l’accélération de l’inflation. Aux États-Unis, le marché de l’emploi demeure au ralenti, en raison de la faiblesse des embauches et des mises à pied. Au Canada, la croissance de l’emploi s’est améliorée parallèlement à la reprise économique globale, mais pas suffisamment pour inquiéter les décideurs, selon nous. Dans l’ensemble, nous sommes d’avis que les conditions du marché de l’emploi en Amérique du Nord demeurent cohérentes avec la poursuite de l’expansion économique et avec l’approche relativement patiente des banques centrales.
Est-ce risqué d’acheter lors de sommets records?
Au cours des trois derniers mois, les marchés ont réussi à surmonter plusieurs obstacles majeurs, car la forte croissance des bénéfices a compensé bon nombre des risques qui préoccupaient les investisseurs au début de l’été. Plutôt que de déclencher une correction plus généralisée, ces préoccupations ont donné lieu à une rotation bienvenue en arrière-plan. Aux États-Unis, les services financiers, les soins de santé et l’énergie ont pris les rênes, tandis que les secteurs de croissance ont fait une pause. Plus récemment, les très bons bénéfices des sociétés technologiques ont déclenché une autre rotation, les actions de croissance ayant contribué à propulser l’indice S&P 500 vers de nouveaux sommets. Nous nous attendons à ce que cette rotation au sein du groupe de meneurs se poursuive.
Lorsque les marchés atteignent un sommet record, les investisseurs se demandent parfois s’il est encore temps d’investir. Bien que des replis puissent se produire à tout moment, les nouveaux sommets ne sont généralement pas des points d’entrée défavorables, selon les données historiques. Les rendements prévisionnels moyens sur trois mois sont légèrement inférieurs lorsqu’un placement est réalisé lors d’un sommet record, mais cet écart se réduit fortement sur six mois. À un an, trois ans et cinq ans, les rendements moyens sont en réalité plus élevés lorsque le placement a été réalisé lors d’un sommet record que lorsqu’il a été réalisé un jour de bourse habituel. À notre avis, il faut surtout retenir que de nouveaux sommets sont souvent atteints lorsque les données fondamentales s’améliorent, et non parce que la progression du marché touche à sa fin. Par conséquent, selon les données historiques, conserver ses placements dans la durée est toujours plus important que d’attendre le point d’entrée parfait.
En conclusion : Nous sommes d’avis que la durabilité de la croissance des bénéfices demeure le principal pilier des marchés. L’économie continue de faire preuve de résilience, l’activité manufacturière s’accélère et le groupe de meneurs du marché s’élargit. Dans ce contexte, selon nous, les investisseurs doivent éviter de trop se concentrer sur un seul thème et garder à l’esprit leur tolérance au risque et leurs objectifs de placement. Pour l’exposition cyclique, nous privilégions les actions canadiennes de sociétés à petite et moyenne capitalisation, et les secteurs des produits industriels, de l’énergie et des matières. Pour ce qui est de l’exposition à l’IA, nous continuons de privilégier les actions du secteur des services de communication aux États-Unis et sur les marchés émergents, tout en nous attendant à des rotations au niveau des meneurs tant au sein du secteur des technologies qu’au-delà, à mesure que le marché haussier se poursuit.

Le graphique compare les rendements prévisionnels de l’indice S&P 500 si le placement est réalisé lors des sommets records et si le placement est réalisé n’importe quel jour. Selon les données historiques, les nouveaux sommets ne sont généralement pas des points d’entrée défavorables. Les rendements sur les périodes de 3 ans et 5 ans sont annualisés.

Le graphique compare les rendements prévisionnels de l’indice S&P 500 si le placement est réalisé lors des sommets records et si le placement est réalisé n’importe quel jour. Selon les données historiques, les nouveaux sommets ne sont généralement pas des points d’entrée défavorables. Les rendements sur les périodes de 3 ans et 5 ans sont annualisés.
Angelo Kourkafas, CFA
Stratège mondial principal en placement
Sources de toutes les données citées dans le commentaire : Bloomberg et FactSet.
Angelo Kourkafas
Angelo Kourkafas est responsable de l’analyse des conditions du marché, de l’évaluation des tendances économiques ainsi que de l’élaboration de stratégies de portefeuille et de recommandations qui aident les investisseurs à atteindre leurs objectifs financiers à long terme.
Il contribue aux rapports d’analyse sur l’actualité boursière d’Edward Jones et a été publié dans The Wall Street Journal, CNBC, le magazine FORTUNE, Marketwatch, U.S. News & World Report, The Observer et le Financial Post.
Il a obtenu un baccalauréat en administration des affaires (avec grande distinction) de l’Université d’économie et de commerce d’Athènes, en Grèce, et une maîtrise en administration des affaires avec spécialisation en finance et en investissement de l’Université d’État du Minnesota.
Récapitulatif hebdomadaire des semaines précédentes
7/31: La Fed et les bénéfices des sociétés technologiques demeurent au centre des préoccupations
Renseignements importants :
Le résumé hebdomadaire des marchés est publié chaque vendredi, après la fermeture des marchés.
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