Les marchés reprennent leur souffle et les perspectives de bénéfices passent au premier plan

Principaux points à retenir :

  • Les meneurs du marché évoluent. Après une forte progression plus tôt cette année, les secteurs américains liés à l’IA, comme les semi-conducteurs, accusent un repli, tandis que les secteurs cycliques et défensifs prennent les rênes du marché. Même si les rotations sectorielles se poursuivent, les investisseurs conservent leurs placements, ce qui soutient l’ensemble des marchés.
  • La période de publication des résultats va être cruciale pour le thème de l’IA. La période de publication des résultats du deuxième trimestre des sociétés de l’indice S&P 500 est en cours, et les attentes demeurent élevées. La croissance du secteur des technologies devrait être d’environ 63 % et contribuer ainsi à plus de 50 % de la croissance globale des bénéfices de l’indice S&P 500. Les investisseurs surveilleront les prévisions de croissance des dépenses en immobilisations dans l’IA, ainsi que le rendement potentiel de ces investissements.
  • La Fed et la Banque du Canada devraient maintenir les taux d’intérêt inchangés cette année, mais surveilleront les données de près. Comme l’inflation est élevée, mais contenue et que le marché de l’emploi est stable, le plus probable est que les banques centrales maintiennent les taux d’intérêt inchangés cette année. Un tel maintien pourrait offrir un contexte relativement stable pour la croissance des bénéfices et les marchés boursiers.

Rotations sur les marchés boursiers au niveau des secteurs et au sein des secteurs

Après une progression de près de 11 % cette année, l’indice S&P 500 a fait une pause cette semaine, cédant plus de 1 %. L’indice canadien S&P/TSX a également légèrement reculé sur la semaine en monnaie locale.

En y regardant de plus près, on constate que la rotation sur les marchés américains s’accentue, tant entre les secteurs qu’au sein de ceux-ci. Les secteurs axés sur l’IA, comme les technologies, ont inscrit des rendements inférieurs, tandis que les secteurs plus cycliques et défensifs se sont mieux comportés. On a non seulement observé cette dynamique la semaine dernière, mais aussi depuis le début de juin.

 Le graphique montre que les rendements du secteur des technologies ont tiré de l’arrière au cours des dernières semaines
Source: FactSet. Rendements du 01/06/2026 au 17/07/2026

Les segments du marché qui ont connu les plus fortes progressions au début de l’année, notamment celui des semi-conducteurs, ont également connu les plus importants replis. Cela n’a rien de très surprenant; les fluctuations paraboliques des marchés ne durent généralement pas, car les prises de bénéfices et la consolidation font naturellement baisser de nouveau ces sous-secteurs.

Toutefois, n’oubliez pas que, malgré ce récent repli et cette rotation, bon nombre de ces secteurs sont toujours en hausse sur l’année. Par exemple, l’indice SOX des semi-conducteurs a reculé d’environ 20 % par rapport à ses sommets de juin, mais demeure en hausse d’environ 64 % pour l’année.

Au sein du secteur américain des technologies, nous observons également une certaine rotation. Les segments des semi-conducteurs et du matériel informatique sont à la traîne, tandis que ceux des logiciels et de l’infonuagique semblent se redresser. Certaines sociétés, comme Microsoft et SalesForce, rebondissent, tandis que des titres du secteur des infrastructures d’IA tirent de l’arrière.

 Le graphique montre que le secteur des semi-conducteurs a ralenti
Source: Bloomberg. Indice S&P 500, secteurs du GICS de niveau 2.

En conclusion : Certains segments du secteur américain des technologies, comme les semi-conducteurs, sont peut-être allés trop loin, trop vite, et effacent maintenant une partie de ces gains. À notre avis, même si les données fondamentales demeurent intactes et que les revenus, les bénéfices et les commandes sont solides, certains de ces points positifs sont peut-être déjà intégrés aux cours. Néanmoins, si les résultats publiés pendant cette période sont à la hauteur des prévisions élevées et que les perspectives demeurent solides, le secteur des technologies pourrait reprendre le haut du pavé, surtout dans les segments du marché qui sont le plus à la traîne.

La publication des résultats est au centre de l’attention

La croissance des bénéfices a été porteuse pour les sociétés tout au long de l’année. À l’aube de la période de publication des résultats du deuxième trimestre, les prévisions de croissance des bénéfices des sociétés de l’indice S&P 500 ont été révisées à la hausse, passant d’environ 14 % sur 12 mois à environ 25 % actuellement. De même, les prévisions de croissance des bénéfices de l’indice canadien TSX sont passées d’environ 15 % à 30 % pour le deuxième trimestre.

Ces révisions à la hausse sont principalement attribuables au secteur de l’énergie. Aux États-Unis, les secteurs de l’énergie et des technologies ont contribué à la hausse des prévisions de croissance des bénéfices.

 Le graphique montre que les prévisions de bénéfices des sociétés de l’indice S&P 500 pour le deuxième trimestre ont été révisées à la hausse
Source: FactSet.

Alors que les sociétés vont continuer de publier leurs bénéfices ce trimestre, les investisseurs seront à l’affût d’indices pouvant leur indiquer si la croissance des bénéfices est durable, en particulier dans le secteur des technologies aux États-Unis. Trois questions méritent notamment une attention particulière lors de cette période de publication des résultats des sociétés de l’indice S&P 500 :

  • Dans quelle mesure les dépenses en immobilisations dans l’IA vont-elles augmenter à l’avenir? Cette année, les dépenses en immobilisations dans l’IA devraient augmenter de 75 % pour atteindre entre 700 et 800 milliards de dollars, soit un niveau exceptionnel. Toutefois, d’ici un an ou deux, ce rythme de dépenses devrait ralentir, avec une croissance prévue de 25 % en 2027 et de 6 % en 2028. Si les sociétés confirment ces prévisions, voire les dépassent, les actions technologiques et le secteur des semi-conducteurs en particulier pourraient réagir positivement.
  • Les dépenses en immobilisations dans l’IA des sociétés technologiques produisent-elles suffisamment de revenus? Les investisseurs chercheront également à savoir si les sociétés qui engagent des dépenses en immobilisations, les géants de l’infonuagique comme Meta et Alphabet, déclarent des revenus plus élevés ou laissent entrevoir des rendements plus élevés grâce à ces investissements. S’ils constatent que ces dépenses se traduisent par une augmentation des rendements, les investisseurs récompenseront probablement les sociétés en conséquence.
  • Où en est la consommation? Enfin, les investisseurs chercheront à savoir si la consommation aux États-Unis demeure saine. Pour le moment, les grandes banques, notamment J.P. Morgan, Citi et Goldman Sachs, ont publié leurs résultats et toutes font état d’une résilience de la croissance des prêts, de la qualité du crédit et des dépenses. La consommation est l’un des principaux moteurs de la croissance économique, et les investisseurs accueilleront avec plaisir des signes supplémentaires de solidité de la consommation.

En conclusion : La période de publication des résultats du deuxième trimestre s’annonce importante aux États­Unis et au Canada. Dans le secteur des technologies aux États-Unis, les investisseurs cherchent à déceler des tendances en matière de dépenses en immobilisations dans l’IA et de rendement de ces investissements. De façon plus générale, les attentes à l’égard de la croissance des bénéfices sont relativement élevées, mais si les sociétés peuvent produire de bons résultats, et confirmer des perspectives solides, cela pourrait soutenir la progression du marché portée par les bénéfices que nous observons cette année.

La Fed et la Banque du Canada (BdC) devraient rester sur la touche

Le dernier élément à prendre en compte pourrait être la direction que les banques centrales donneront aux taux d’intérêt cette année. Au cours des dernières réunions, la BdC a maintenu les taux inchangés à 2,25 % et la Fed les a également maintenus dans une fourchette de 3,5 % à 3,75 %.

Le FOMC est resté divisé sur la trajectoire des taux d’intérêt pour le reste de l’année. La moitié des membres a estimé qu’il était approprié de maintenir les taux inchangés (ou de les abaisser), tandis que l’autre moitié a estimé que des hausses de taux étaient appropriées.

Nous pensons qu’il est très peu probable qu’une baisse de taux soit décidée cette année, mais cela ne veut pas dire que la Fed optera forcément pour une hausse de taux. La semaine dernière, les données sur l’inflation aux États-Unis étaient prometteuses : l’inflation globale et l’inflation de base selon l’IPC et l’IPP ont surpris à la baisse. Au Canada, l’IPC global demeure à 3,2 %, mais l’IPC de base (hors aliments et énergie) est beaucoup moins élevé, à 1,6 %.

Depuis les dernières données, toutefois, les prix du pétrole ont baissé et l’incertitude entourant la guerre en Iran demeure un obstacle.

 Le graphique montre que l’inflation selon l’IPC aux États-Unis a diminué en juin, tandis que l’IPC au Canada s’est établi à 3,2 % en mai
Source: Bloomberg.

En conclusion : À notre avis, la Fed et la BdC devraient maintenir les taux inchangés pour le reste de 2026. Lors de sa prochaine réunion, qui aura lieu le 29 juillet, la Fed indiquera probablement les données qu’elle surveille pour déterminer la voie à suivre.

Néanmoins, comme l’inflation est toujours contenue et que le marché de l’emploi est stable, la situation est encore loin de justifier une hausse de taux, selon nous. Les économies américaine et canadienne se comportent bien avec des taux d’intérêt aux niveaux actuels, et nous nous attendons à ce que des taux d’intérêt stables continuent de soutenir cette tendance.

Rester diversifié et conserver ses placements

Dans l’ensemble, les marchés boursiers ont connu une très bonne année, malgré l’incertitude géopolitique et la rotation au sein des secteurs des technologies et de l’IA aux États-Unis. L’indice S&P 500 affiche désormais une hausse d’environ 9 % pour l’année, et le TSX canadien a progressé d’environ 11 %.

Même si nous pourrions continuer d’observer une rotation en arrière-plan, l’appétit des investisseurs pour les actions demeure robuste, ce qui est une bonne nouvelle. Cet intérêt s’explique probablement par le fait que la croissance des bénéfices et la croissance économique se poursuivent. Nous surveillerons également les grandes tendances et les points essentiels des rapports sur les bénéfices de ce trimestre.

Alors que nous entamons le deuxième semestre de 2026, nous recommandons aux investisseurs d’examiner leurs portefeuilles pour s’assurer qu’ils sont correctement diversifiés, qu’ils correspondent à leurs préférences en matière de risque et de rendement, et qu’ils couvrent les secteurs technologiques et autres du marché. Nous recommandons de surpondérer les actions américaines à grande capitalisation, les actions canadiennes à petite et à moyenne capitalisation, ainsi que les actions des marchés émergents. Votre conseiller en investissement peut vous aider à vous assurer que vos placements correspondent à vos objectifs financiers personnels à long terme.

Mona Mahajan
Stratège en placement

Sources de toutes les données citées dans le commentaire : Bloomberg et FactSet.

Mona Mahajan

Mona Mahajan est responsable de l’élaboration et de la communication des perspectives macroéconomiques et des marchés financiers de la société. Son expérience comprend l’analyse des actions et des titres à revenu fixe, la stratégie de placement mondiale et la gestion de portefeuille.

Elle écrit ou apparaît régulièrement à CNBC, Bloomberg TV, dans le Wall Street Journal et Barron’s.

Mona Mahajan détient une maîtrise en administration des affaires de la Harvard Business School, un baccalauréat en finance de la Wharton School de l’Université de Pennsylvanie ainsi qu’un baccalauréat en informatique de l’École d’ingénierie de la même université.

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