Un plan financier solide tient compte de l’ensemble de votre situation financière, pas uniquement de vos placements, mais aussi de la façon dont ils sont structurés, détenus et imposés tout au long de votre vie. La planification fiscale est l’une des composantes de ce processus qui a le plus d’influence, et comprendre comment vos placements sont imposés est une étape importante à franchir pour bâtir votre patrimoine à long terme.
Quels sont les types de revenu de placement?
Au Canada, les revenus de placement entrent généralement dans trois catégories, chacune imposée différemment par l’Agence du revenu du Canada (ARC) :
- Revenu d’intérêts – accumulé sur des comptes d’épargne, des CPG et des obligations, imposé à votre taux marginal complet
- Dividendes – distributions de sociétés; les dividendes canadiens bénéficient en outre d’un traitement fiscal préférentiel grâce au crédit d’impôt pour dividendes
- Gains en capital – profit provenant de la vente d’un actif à un prix supérieur à celui que vous avez payé, une partie de votre revenu seulement est imposable
Connaître ces distinctions vous aide à prendre des décisions de placement plus éclairées. En travaillant aux côtés d’un conseiller en investissement et d’un fiscaliste, vous pouvez évaluer des stratégies qui tiennent compte des incidences fiscales et de l’harmonisation globale du portefeuille.
Le revenu d’intérêts et son imposition
Qu’est-ce que le revenu d’intérêts?
Les intérêts correspondent au revenu que vous recevez de certains types de comptes et de placements ou de prêts à une autre personne. Les comptes et les placements les plus courants qui produisent un revenu d’intérêts comprennent :
- Comptes d’épargne
- Certificats de placement garanti (CPG)
- Intérêts sur les placements en titres à revenu fixe, comme les obligations gouvernementales ou de sociétés
Comment le revenu d’intérêts est-il imposé au Canada?
Le revenu d’intérêts ne fait pas l’objet d’un traitement fiscal particulier de la part de l’ARC. Il est ajouté à votre autre revenu et imposé à votre taux marginal d’imposition, soit le même taux qui s’applique au revenu d’emploi. Le revenu d’intérêts est donc le type de revenu de placement le moins efficient fiscalement, et c’est pourquoi les investisseurs choisissent généralement de conserver des placements portant intérêt dans des comptes enregistrés, comme un régime enregistré d’épargne-retraite (REER) ou un fonds enregistré de revenu de retraite (FERR), où les intérêts fructifient avec imposition différée.
Les intérêts sur un compte d’épargne sont-ils imposables?
Oui. Les intérêts gagnés sur un compte d’épargne ordinaire sont entièrement imposables au Canada. Même si vous ne retirez pas l’argent, les intérêts crédités à votre compte chaque année doivent être déclarés à titre de revenu dans votre déclaration de revenus.
Un conseiller en investissement Edward Jones peut vous aider à choisir un placement fiscalement efficient pour vos placements portant intérêt en fonction de votre situation financière.
Les dividendes et leur imposition
Qu’est-ce que le revenu de dividende?
Un dividende est une distribution par une société à ses actionnaires. Les sociétés ne versent pas toutes des dividendes, mais, pour celles qui le font, le traitement fiscal au Canada dépend en grande partie de l’origine du dividende.
Comment le revenu de dividende est-il imposé au Canada?
Les dividendes canadiens bénéficient d’un traitement fiscal préférentiel grâce au crédit d’impôt pour dividendes, qui contribue à réduire l’impôt à payer. Il en existe deux types :
- Les dividendes déterminés sont généralement versés par des sociétés cotées en bourse, comme celles qui sont cotées à la Bourse de Toronto. Ils sont assortis d’une majoration plus élevée et d’un crédit d’impôt pour dividendes plus important.
- Les dividendes non déterminés sont habituellement versés par les sociétés privées sous contrôle canadien (SPCC). Ils sont assortis d’une majoration moins élevée et d’un crédit d’impôt pour dividendes moins important.
Les dividendes étrangers sont imposés à titre de revenu ordinaire à votre taux marginal d’imposition, comme le revenu d’intérêts. Un crédit pour impôt étranger peut s’appliquer si vous avez payé des retenues d’impôt dans un autre pays.
Les dividendes sont-ils considérés comme un revenu?
Les dividendes sont inclus dans votre revenu imposable. Toutefois, le crédit d’impôt pour dividendes et le mécanisme de majoration impliquent une imposition sur les dividendes canadiens déterminés plus avantageuse que sur le revenu d’intérêts ou les dividendes étrangers. L’incidence fiscale exacte dépend de votre province de résidence et de votre taux marginal d’imposition.
Un conseiller en investissement Edward Jones peut vous aider à comprendre comment le revenu de dividende s’inscrit dans votre situation fiscale globale.
Les gains en capital et leur imposition
Qu’est-ce qu’un gain en capital?
Un gain en capital est une augmentation de la valeur d’un actif au-dessus du prix d’achat initial. Les gains en capital peuvent s’appliquer aux actions, aux fonds communs de placement, aux fonds négociés en bourse (FNB) et aux biens immobiliers (autres que votre résidence principale).
Quand devez-vous payer de l’impôt sur les gains en capital?
Les gains en capital sont généralement imposables dans l’année où ils sont réalisés, c’est-à-dire généralement lors de la vente de l’actif. Toutefois, des gains en capital peuvent également être réalisés sous forme de distribution de gains en capital de fonds communs de placement, ce qui signifie que vous pouvez réaliser des gains en capital même si vous n’avez pas vendu le fonds. Ces distributions vous sont habituellement communiquées au moyen d’un feuillet T3 ou T5, selon le type de fonds.
Les gains en capital réalisés dans les comptes enregistrés, comme un REER ou un CELI, ne sont pas assujettis à l’impôt tant que les fonds demeurent dans le compte.
Comment les gains en capital sont-ils imposés au Canada?
Les gains en capital ne sont pas imposés à taux d’imposition précis, mais un taux d’inclusion, ce qui signifie qu’une partie du gain en capital est incluse dans votre revenu. Le taux d’inclusion actuel des gains en capital est de 50 % pour tous les contribuables : particuliers, sociétés et fiducies. Cela signifie que 50 cents de chaque dollar de gain en capital sont inclus dans votre revenu imposable.
Les gains en capital sont-ils considérés comme un revenu?
La partie d’un gain en capital concernée par le taux d’inclusion est ajoutée à votre revenu imposable pour l’année. Toutefois, les gains en capital sont toujours imposés plus avantageusement que le revenu d’intérêts dans la plupart des situations, car seule une partie du gain est incluse dans le revenu.
Qu’en est-il des gains en capital à court terme?
Le Canada ne fait pas de distinction entre les gains en capital à court et à long terme comme le font les États-Unis. Que vous déteniez un actif pendant un mois ou 20 ans, le même taux d’inclusion s’applique. Ce qui compte, c’est de savoir si le gain est classé comme gain en capital ou comme revenu d’entreprise. Si l’ARC détermine que vos activités de négociation constituent une activité professionnelle, par exemple, si vous effectuez des opérations fréquemment dans le but principal de tirer profit des fluctuations de cours, le plein gain peut être imposé à titre de revenu d’entreprise plutôt qu’au taux d’inclusion des gains en capital.
Un conseiller en investissement Edward Jones peut vous aider à comprendre comment vos activités de placement peuvent être classées d’un point de vue fiscal.
Gains en capital et dividendes : lequel est le plus fiscalement efficient?
Il s’agit de l’une des questions les plus courantes posées par les investisseurs canadiens, et la réponse dépend de votre situation personnelle.
Les gains en capital et les dividendes canadiens déterminés sont généralement imposés plus avantageusement que le revenu d’intérêts. Dans la plupart des provinces, les contribuables à revenu moyen et élevé paient moins d’impôt sur les dividendes canadiens déterminés que sur les gains en capital, grâce au crédit d’impôt pour dividendes. Toutefois, à certains niveaux de revenu et dans certaines provinces, l’avantage peut changer.
Un conseiller en investissement Edward Jones peut vous aider à évaluer l’efficience fiscale de votre combinaison de placements et à adapter une stratégie à vos objectifs.
Imposition par type de compte
Le compte dans lequel sont détenus vos placements peut avoir une incidence importante sur la façon dont le revenu de placement est imposé et sur le moment où il est imposé. Il s’agit de la base de l’emplacement de l’actif : une stratégie qui consiste à réaliser des placements dans les comptes appropriés qui peuvent avoir une incidence sur vos rendements après impôt. Comprendre les différences vous permet de prendre des décisions éclairées sur la détention de chaque type de placement.
Comptes non enregistrés
Le revenu d’intérêts, les dividendes et les gains en capital gagnés dans un compte non enregistré (imposable) sont déclarés dans votre déclaration de revenus annuelle. L’impôt est dû au cours de l’année où le revenu est perçu ou réalisé.
REER et FERR
Les cotisations à un régime enregistré d’épargne-retraite (REER) sont déductibles d’impôt, et le revenu de placement dans le compte fructifie sur la base de l’impôt différé. Vous ne payez de l’impôt que lorsque vous retirez des fonds, et les retraits sont alors imposés à titre de revenu ordinaire. Au moment de convertir votre REER en FERR, la même croissance à imposition différée se poursuit jusqu’à ce que les retraits commencent.
CELI
Les cotisations à un compte d’épargne libre d’impôt (CELI) sont effectuées avec des dollars après impôt, mais le revenu de placement (qu’il s’agisse d’intérêts, de dividendes ou de gains en capital) fructifie entièrement à l’abri de l’impôt. Les retraits d’un CELI sont également libres d’impôt, quelle que soit la croissance du compte. Le CELI est donc l’un des outils les plus précieux pour les investisseurs canadiens.
REEE
Le revenu de placement gagné dans un régime enregistré d’épargne-études (REEE) fructifie à l’abri de l’impôt jusqu’au retrait. Lorsque des fonds sont versés à un étudiant à titre de paiements d’aide aux études (PAE), ils sont imposés en fonction du statut de l’étudiant, et donc souvent à un taux marginal faible ou à zéro.
CELIAPP
Le compte d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété (CELIAPP) combine les caractéristiques du REER et du CELI : les cotisations sont déductibles d’impôt et les retraits admissibles effectués pour acheter une première maison sont libres d’impôt.
Stratégies d’efficience fiscale pour les investisseurs
Pour bâtir un portefeuille de placements fiscalement efficient, il ne suffit pas de choisir les bons placements. Il s’agit également de savoir comment et où ces placements sont détenus. Voici quelques stratégies qui méritent d’être explorées avec votre conseiller en investissement.
- Emplacement de l’actif : Déposer un revenu de placement à imposition plus élevée (comme des intérêts sur des obligations ou des CPG) sur un compte enregistré le met à l’abri de l’impôt annuel. Les placements qui génèrent un revenu moins imposé (comme des actions canadiennes versant des dividendes ou des placements axés sur la croissance) sont généralement plus adaptés aux comptes non enregistrés ou au CELI.
- Réalisation de pertes fiscales : Si vous détenez des placements dont la valeur a diminué, les vendre dans le but de réaliser une perte en capital peut compenser les gains en capital que vous avez réalisés ailleurs. Les pertes en capital peuvent être reportées rétrospectivement sur trois ans ou reportées indéfiniment pour compenser les gains réalisés au cours d’autres années fiscales.
- Revenu de dividende à la retraite : Pour les personnes à faible revenu, les dividendes canadiens déterminés peuvent être particulièrement efficients sur le plan fiscal. Le crédit d’impôt pour dividendes peut réduire considérablement, voire éliminer, l’impôt à payer à un niveau de revenu inférieur.
- Optimisation du CELI : En tirant pleinement parti de vos droits de cotisation au CELI et en y plaçant vos actifs les plus prometteurs, vous permettez à vos gains de s’accumuler et de les retirer en totalité sans payer d’impôt.
- Dons de titres à des organismes de bienfaisance : Si vous détenez des titres qui procurent des gains non réalisés importants, le fait de les donner directement à un organisme de bienfaisance enregistré les retire entièrement du taux d’inclusion des gains en capital, tout en offrant un crédit d’impôt pour dons de bienfaisance.
Un conseiller en investissement Edward Jones peut travailler avec vous et votre fiscaliste pour vous aider à élaborer une stratégie adaptée à votre situation personnelle et à vos objectifs à long terme.
Estimer l’impôt sur le revenu de placement
Voici quelques étapes clés à suivre pour comprendre dans les grandes lignes le montant d’impôt que vous pourriez devoir sur le revenu de placement :
- Déterminez le type de revenu de placement – intérêts, dividendes déterminés, dividendes non déterminés ou gains en capital.
- Appliquez le bon rajustement – Pour les gains en capital, multipliez le gain par le taux d’inclusion applicable (50 %). Pour les dividendes déterminés, majorez le dividende de 38 %; pour les dividendes non déterminés, majorez de 15 %.
- Ajoutez-le à votre autre revenu – Le montant rajusté est combiné à votre autre revenu de l’année.
- Appliquez votre taux marginal d’imposition – Votre taux fédéral et provincial combiné s’applique au revenu rajusté.
- Appliquez les crédits d’impôt – Pour les dividendes déterminés et non déterminés, appliquez les crédits d’impôt fédéral et provincial applicables aux dividendes pour réduire l’impôt à payer.
Le tableau ci-dessous présente les taux marginaux fédéraux et provinciaux combinés les plus élevés pour chaque type de revenu de placement par province, ce qui constitue une référence utile pour commencer.
Taux d’imposition par province
Le tableau ci-dessous présente les taux marginaux d’imposition fédéraux et provinciaux les plus élevés pour le revenu de placement, à jour en date du 1er janvier 2025. Ces taux s’appliquent à la tranche de revenu la plus élevée de chaque province ou territoire.
| Provinces/territoires | Intérêts | Dividendes déterminés | Dividendes non déterminés | Gains en capital |
|---|---|---|---|---|
| Alberta | 48,00% | 34,31% | 42,31% | 24,00% |
| Colombie-Britannique | 53,50% | 36,54% | 48,89% | 26,75% |
| Manitoba | 50,40% | 37,78% | 46,68% | 25,20% |
| Nouveau-Brunswick | 52,50% | 32,40% | 46,84% | 26,25% |
| Terre-Neuve-et-Labrador | 54,80% | 56,20% | 48,96% | 27,40% |
| Territoires du Nord-Ouest | 47,05% | 28,33% | 36,83% | 23,52% |
| Nouvelle-Écosse | 54,00% | 41,58% | 48,28% | 27,00% |
| Nunavut | 44,50% | 33,08% | 37,80% | 22,25% |
| Ontario | 53,53% | 39,34% | 47,74% | 26,77% |
| Île-du-Prince-Édouard | 52,00% | 36,54% | 47,92% | 26,00% |
| Québec | 53,30% | 40,11% | 48,70% | 26,65% |
| Saskatchewan | 47,50% | 29,64% | 40,87% | 23,75% |
| Yukon | 48,00% | 28,92% | 44,04% | 24,00% |
Source : Agence du revenu du Canada. À jour au 1er janvier 2026. Il s’agit des taux marginaux les plus élevés. Votre taux réel dépend de votre revenu total et de votre province de résidence.
Tenez-vous informé
Il peut être difficile de comprendre les répercussions fiscales de vos placements, mais cela en vaut la peine. En effet, une planification fiscale bien pensée peut vous aider à réduire vos impôts et à créer un portefeuille de placements plus avantageux sur le plan fiscal. Nous vous recommandons de collaborer avec un conseiller en investissement Edward Jones et un fiscaliste pour gérer vos placements et tirer parti des occasions de planification fiscale qui se présentent.
Renseignements importants:
Edward Jones, ses employés et ses conseillers en investissement ne peuvent fournir de conseils fiscaux ou juridiques. Vous devriez consulter un avocat ou un conseiller fiscal qualifié relativement à votre situation.